vendredi 7 oct. 2016, 21:32
Ce matin, le soleil brille à nouveau, et le temps de prendre le petit déjeuner, voilà que le vent de la mer a dispersé les derniers nuages... nous visitons à nouveau Vieste mais by day cette fois-ci, et l'apprécions même sous une chaleur quasiment printanière : t-shirts et lunettes de soleil sont de rigueur, même si, à notre grande incompréhension, les locaux s'installent en terrasse vêtus de doudounes.

Nous parcourons à nouveau les ruelles, et explorons chaque cul de sac pour y découvrir souvent de jolis points de vue vers la mer et les falaises.

En fin de matinée, nous reprenons la route pour la suite de notre programme : une balade dans la très réputée forêt "foresta umbra". Un peu au hasard, nous choisissons d'y entrer par la SP52 bis et de nous garer à proximité d'une zone de pic nic, d'où on peut rejoindre les routes forestières qui longent une réserve naturelle : le Bosco Sfilzi.
Le temps a tourné, et c'est à l'ombre double des nuages et des arbres que nous marchons... Nous suivons la route forestale "Sfilzi - Caritate", entourée de hêtres et de champignons - surtout des vénéneux, me semble-t-il ! Après une bonne heure de promenade, nous entrons dans une zone encore plus protégée, où surgit l'unique source de tout le Gargano.

Nous y déjeunons, installés sur le banc de bois le moins vermoulu que nous trouvons à proximité, la plupart étant proches de la désintégration totale... Après cette pause, nous décidons que nous en avons assez vu, et revenons sur nos pas. Une dizaine de minutes plus tard, la pluie se met à tomber dru, et juste à ce moment, surgit devant nous une horde de sangliers... groins fourrés dans le sol à la recherche de leur pitance, ils sont tout à leur occupation et ne nous ont pas vu.

Sauf un ! Qui nous fixe un bon moment avant de prendre la tangente... mais cela n'alerte pas les autres. A cause de la pluie, je ne monte pas mon zoom, et ne fait que quelques photographies au 24 mm - tant pis, mais je ne veux pas prendre le risque d'abîmer mes objectifs ! Même si je me suis avancée vers eux le plus possible, vous ne verrez donc pas grand chose de la vingtaine de bestiaux noirs, gris ou marrons sur la photo. Après quelques minutes, ils finissent par me repérer, et ils s'enfuient dans une joyeuse pagaille en grognant.
C'est alors que surgit derrière moi deux retardataires, qui foncent tête baissée pour rejoindre leurs copains. Les sangliers ont la réputation de foncer dans les obstacles, mais ceux-ci prennent soin de m'éviter, c'est plutôt heureux !
De retour à Partner, toujours seul sur le parking, une nouvelle surprise nous attend : un épagneuil breton blanc tacheté de roux tourne autour, puis se dirige vers nous en montrant les dents. Outch ! Je tente d'abord de l'éloigner - la technique du marcheur de Saint Jacques, à grands coups de sac à dos dans le vide -, pour laisser le temps à Antoine de rejoindre Partner. Mais le chien se calme, tout en insistant : il veut s'approcher.
Un peu curieuse, je lui parle un peu... et quelques secondes après, je lui fais quelques gratouilles : en fait il a l'air vraiment cool. Il est aussi très maigre, et il nous semble assez évident qu'il s'agit d'un chien abandonné par un propriétaire qui n'avait plus les moyens de l'entretenir - son colier est composé de bouts de coliers anti-puces agrafés ensembles... mais qui appeler pour s'occuper de lui ?
La pluie se met à tomber à verse, le réseau téléphonique ne passe quasiment pas, et nous sommes un peu échaudés par notre précédente rencontre avec le petit chat abandonné au Bugue : trouver la seule personne de bonne volonté qui accepte encore de traiter les abandons avait été laborieux... D'autant plus qu'ici, les chiens abandonnés ont vraiment l'air d'être monnaie courrante !
Nous évoquons un temps la possibilité de l'adopter, mais les nombreuses contraintes qu'imposent un chien ne nous met pas à l'aise avec cette solution. Nous lui donnons le reste de notre saucisson à boulotter, puis appelons le Corpo Forestale, qui nous signifie qu'ils viendront le récupérer... il ne nous reste plus qu'à le laisser les attendre là, même si c'est un véritable crève-coeur de le laisser ainsi derrière nous. Nous espérons juste qu'ils lui donneront une seconde chance...
Vu le temps qu'on a pris pour tergiverser sur la question du chien, il est déjà 17h. Nous retournons alors vers Vieste pour prendre la route du littoral : ici, le vent a chassé les nuages et la pluie, mais le soleil baisse vite sur l'horizon, et il faut trouver sans trop attendre un site pour dormir ce soir. Après une vingtaine de kilomètres, nous tentons successivement - mais sans succès - deux petites routes qui descendent vers la mer : quand ce n'est pas la trop forte déclivité, ce sont de nombreux chiens errants qui ne nous encouragent pas à rester.
Nous remontons à nouveau vers la route du littoral, puis la quittons au niveau d'un restaurant fermé pour une petite route à peine visible qui monte vers les crêtes. La nuit est noire, le vent est maintenant violent, mais c'est finalement là, à l'intersection avec une route forestière, que nous trouvons une place tranquille pour Partner et nous.
Vu le vent, le dîner sera un pic nic froid, et zouh : au lit sans plus attendre !