Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

samedi 8 oct. 2016, 21:32

Gargano sud

Ce n'est qu'avec le lever du soleil que le vent commence à se calmer... la nuit n'a pas été très reposante ! Nous sortons de Partner et découvrons les alentours : des colines parsemées d'arbres, avec une vue sur la mer au loin.

A 100 m, une aire pic nic qui fera très bien l'affaire pour le petit déjeuner. Alors que nous y sommes attablés, un petit troupeau de chèvres mené exclusivement par des chiens remonte la route et nous dépasse... quelques minutes après, c'est une dizaine de vaches qui fait la route en sens inverse !

Nous suivons les vaches, et tombons sur la ferme d'où tout ce petit monde semble provenir : nous l'avions effectivement entraperçue dans la nuit hier soir, et le panneau "zone habitée" nous avait interpelé. En plein jour, il en est d'autant plus étonnant : les alentours ressemblent plus à un énorme bordel, où tout et n'importe quoi - sommiers, vieux vêtements, palettes, ... - sert de barrières pour les animaux.

Zona abitata

De retour à la route du littoral, nous nous garons sur un minuscule parking, et empruntons le seul sentier de la côte.

Sentier

Le sentier permet de rejoindre en une demi-heure environ la plage de Vignanotica, bordée de hautes falaises en calcaire blanc parsemé de veines de silex. A cette heure-ci encore bien matinale et surtout hors saison, nous profitons seuls de la plage en galets...

Crique

Aux abords de midi, nous repartons avec pour objectif la petite ville de Mattinata, car nous sommes à la recherche de petits commerces. D'une boucherie, nous ressortons avec d'excellentes saucisses piquantes faites maison, une mozzarella di buffala à la texture et au goût de crème indécents de douceur, et un gros sachet de Taralli. Chez un fruitier, nous trouvons quelques petites tomates pour accompagner la mozzarella, et des kakis.

Tout est parfait pour un pic nic au soleil en bord de mer, sur une autre plage de galets située juste aux pieds de Mattinata. La petite ville nous avait séduite, maintenant c'est son littoral, dont les abords sont une succession de champs d'oliviers, d'orangers et de citroniers... sans oublier quelques grenadiers et cognassiers. Pour un peu, on s'imaginerait déjà vivre dans cette douceur...

Après cette pause, nous reprenons la route vers la ville de Monte Sant'Angelo. Nous y découvrons un important centre de pellerinage, très actif ce samedi soir : les croyants sont venus par bus entiers, et s'engouffrent dans les ruelles bondées bordées de magasins de bondieuseries mais aussi de vendeurs à la sauvette qui proposent des articles aussi incongrus ici que des faux sacs Louis Vuitton.

L'objet du culte est une grotte protégée par une abbaye construite par dessus, où l'archange Michel serait apparu trois fois à l'évèque local en 490. Un petit écriteau indique que se tient en ce lieu une messe permanente... en tout cas pour l'heure, la foule psalmodie en italien. Ce site est relié au Mont Saint Michel par la via Sacra Langobardorum, et ça nous donnerait presque l'envie de marcher tout ça pour voir combien de temps il faut pour rejoindre à patte les deux monts Michel...

En attendant, nous prenons la tangeante pour aller nous promener. La ville de Sant'Angelo occupe tous les sommets des collines autour, et presque toutes les rues du vieux centre sont en fait des escaliers. Nous flânons un moment jusqu'à nous perdre...

Sant Angelo

C'est le téléphone portable qui nous tire d'affaire... Il est temps de faire quelques courses à un petit supermarché, puis de faire un pit stop pour donner à boire à Partner. Mais là, incroyable, le diesel est à 1,60 le litre ! Hyper cher, ils croient vraiment qu'on va faire le plein à ce prix là ? Ils ont vu la Vierge, ou bien ?! Ah, non, l'archange Michel, c'est vrai... Histoire de ne pas tomber à sec, nous nous contenterons d'un mini-refill de 10 €.

Nous quittons Monte Sant'Angelo par le nord, puis plein ouest. Le soir tombe, et la recherche de notre site commence : direction les montagnes boisées du Gargano à nouveau, via la SP43. Une petite aire de pic nic en pleine forêt nous semble convenir, et nous nous installons. Au menu : nouilles sautées japonnaises cuisinées sur le réchaud alcool.

Tout semble parfait, mais... non : nous sommes samedi soir, et cette route qui semble pourtant ne mener nulle part fait preuve d'un trafic hors norme toute la soirée, puis en pleine nuit sans doute au retour de la fiesta. Est-ce utile de le préciser ?... On a très mal dormi !