Calanchi
Nous entamons maintenant notre remontée vers le nord, et nous parcourons en sens inverse la SS16 qui longe l'adriatique, selon un tracé plus ou moins heureux... aux alentours de midi, nous choisissons de manger dans un des trabocchi transformés en restaurant. Au vu de la saison, bien peu semblent ouverts, mais ce dimanche à la Marina di San Vito, nous avons la chance d'en trouver un qui nous accueille - à vrai dire, nous serons leurs seuls clients.

Le cadre est tout mimi, la déco est à la fois simple et très commerciale, cela donne l'impression qu'ils ont écumé toutes les boutiques à la recherche de bibelots marins, toujours achetés puis exposés par paire.
Cela dit, dans l'assiette, c'est bon ! Comme nous n'avions pas grand appétit, nous avons choisi un mini-menu qui ferait à peine une bouchée à l'apéritif pour les italiens : un verre de blanc accompagné de 6 antipasti de la mer, suivis par une petite portion de pâtes aux fruits de mer.
Après cette dernière halte maritime, nous reprenons la route vers Altri. Notre prochain objectif est la toute récente Riserva Naturale Regionale Calanchi di Atri. Si je cherche à traduire Calanchi, je trouve : terres désolées, régions arides, badlands, ... En vérité, c'est le jeu de l'érosion sur une terre argileuse, qui façonne un paysage étrange et fascinant.

Le soleil nous a bien peu accompagné dans notre petite balade - une route piétonne d'un peu moins de deux heures à travers ce paysage protégé, proposé par la réserve. Mais avant que le ciel ne se charge de nuages gris, nous avons repéré une très belle araignée.

Surnommée ragno vespa en italien (littéralement, l'araignée guêpe, mais en bon français : Argiope frelon), son vrai nom est Argiope bruennichi. Sa photo figurant en bonne place sur les panneaux du parc, nous avons d'abord pensé qu'elle était endémique de la région, mais pas du tout ! Elle se rencontre apparemment dans toute la zone paléartique... (et non, je ne savais pas qu'il existait une zone paléartique avant d'avoir cherché à identifier cette araignée : on en apprend tous les jours !).
Le temps passe, et les nuages gris finissent par lâcher quelques goutes, nous incitant à reprendre la route pour avancer vers le nord, certes, mais aussi vu l'heure, nous trouver un parking accueillant pour la nuit. Nous suivons successivement la SP 53 (dans un état de délabrement avancé), puis la SS150 et la SS 81, qui nous amène à la ville de Teramo. Nous sommes presque sur les contreforts du parc du Gran Sasso, et insistons encore un peu : la nuit tombe quand la SP 52 nous amène jusqu'au petit village de Guazzano. Encore quelques virages après, et nous trouvons un espace plat où garer Partner.
Le lendemain, quand le jour se lève, les nuages consentent enfin à s'éloigner après quelques dernières gouttes de pluie. Face à nous, le paysage valloné descend jusqu'à la mer qui s'étend loin... les rayons du soleil jouent dans la brume matinale, et font comme une lumière épaisse.
Maintenant que nous pouvons voir où nous avons dormi, il semblerait que notre espace nocturne soit en fait un aménagement créé pour permettre aux bus de faire demi-tour... d'ailleurs cela ne rate pas : un bus se pointe alors que nous en sommes encore au petit déjeuner.
Nous reprenons la route SS81, cette fois-ci en profitant de la vue vers la mer lors de notre descente, puis sur le beau village de Civitella di Tronto. Nous rejoignons rapidement la ville d'Ascoli Piceno, et laissons derrière nous l'importante SS4 pour longer une partie du Parco Nazionale dei Monti Sibilini sur la petite route SP237. Les villages de Communanza, Amandola et Sarnano nous semblent mériter une visite lors d'un prochain voyage... Il faut dire qu'il pleut franchement, et nous ne prenons pas le temps de les visiter par ce temps exécrable.
En nous dirigeant vers Fiastra, un petit village au pied de son lac homonyme, nous entrons dans le parc nationnal et retrouvons la montagne à nouveau : cela semble être une belle région mais... nous n'en verrons pas grand chose vu la couverture nuageuse !
Un dernier tronçon de route vers le nord, et nous rejoignons Polverina, et avec elle la route "statale" n° 77 : une 4 voie de construction très récente, goudron lisse et bien noir, avec des tunnels flambants neufs partout, et juste nous ! Nous avons une petite pensée émue pour les routes de campagne déglinguées de l'Italie du Centre, parcourues cahin caha par des voitures hors d'âge, et continuons jusqu'à Foligno, et enfin : Assise.