lundi 4 juil. 2016, 21:32
Pour une première journée d'entraînement un peu sérieux, nous n'avons pas chômé : malgré la météo maussade (nuages et crachin dès le matin), nous avons fait une belle sortie de 8 heures au fond du val San Lucano. Aucun beau paysage à vous ramener, vu que nous avons surtout admiré le brouillard, en particulier sur les hauts plateaux !... En milieu d'après-midi, les nuages se sont progressivement levés.

Notre itinéraire :
> Col di Pra (880 m) : départ à 10h, route forestière et sentier 761
> Forcella Cesurette (Casera Campigat 1801 m) : notre pause déj' à 12h
> Passo Antermarùcol (2334 m) : à partir de là, on descend sur le 756
> Malga Valbona (1783 m) : une pause découverte vers 15h, encore un peu de descente jusqu'à l'intersection des sentiers... et là ça remonte fort !
> Forcella Cesurette (Casera Campigat 1801 m) - notre goûter vers 16h
> Col di Pra (880 m) : retour à 18h
Côté timing, avec des pauses cumulées de 1h15 selon mes estimations, nous sommes montés sur un rythme approximatif de 500 m par heure... Et la descente a été tout aussi longue, car par temps pluvieux comme aujourd'hui on fait particulièrement attention où on met les pieds pour ne pas glisser !
A la Malga Vabona, que je n'avais pas revue depuis une petite dizaine d'année (à l'occasion de ma première via ferrata, celle située derrière la cascade de Garés, parcourue avec mon papa), nous avons eu la surprise d'y découvrir une construction moderne et récente, pas forcément à notre goût, mais qui pourrait avoir son utilité : un bivouac. Elle est située sur l'emplacement d'une ancienne étable qui servait à abriter les animaux d'une mine toute proche, dont l'exploitation a cessé depuis déjà quelques siècles... Reste à savoir quand il sera ouvert au public !

Cette mine du Sasso Negher, nous n'avons pas poussé le vice jusqu'à suivre le chemin nouvellement retracé (merci les fonds européens) pour la découvrir... ce sera pour une prochaine fois, par des temps plus cléments. Mais nous avons lu le panneau informatif (culture, culture, ...) et je peux donc vous en dire plus.
Les gisements de cuivre, fer et magnésium exploités dans la région ne permettaient certes pas de grandes perspectives économiques (tant mieux ?!...) mais ils ont fait l'objet malgré tout d'une exploitation rentable pendant de nombreux siècles. Vers le XVe, le perfectionnement des techniques et des outils par les allemands les amenèrent à s'exporter pour faire fortune dans les régions voisines, entre autre ici : ils se sont intégrés à la population des vallées, et leurs noms de famille se sont transmis à travers les générations, comme par exemple Bulf ou Mottes (dont on compte encore des représentants à Taibon !).
Le val Garés et sa mine sont cités dans des documents de la Sérénissime datant de 1620... la mine étant située très en hauteur, le minerai était redescendu par mules jusqu'à Pian delle Fusine (là où se trouve le camping de nos jours) pour un premier traitement grossier, puis jusqu'à Forno di Canale (l'ancien nom du village Canale d'Agordo) où il était fondu. Ces fourneaux étaient situés dans des espaces assez vastes et pourvus d'un torrent, pour faciliter les travaux. D'ailleurs aujourd'hui encore, de nombreux villages ou lieu-dits portent le nom de Fusine ou Forno, qui témoignent de la présence passée de fourneaux.
Au XVIIe siècle, l'activité s'est progressivement éteinte, pour plusieurs raisons : l'affaiblissement de Venise, le déboisement excessif, et la concurrence des mines d'Amérique du Sud... la mondialisation, déjà ! Seule la mine du Val Imperina a continué d'extraire des minerais jusqu'en 1962.
Voilà pour la minute culturelle.
De la journée, nous n'avons croisé qu'un seul humain : la cinquantaine, chapeau tirolien en feutre et jumelles à la main, il attendait que le soir tombe à Campigat pour observer les animaux sauvages. Visiblement chasseur, il nous a semblé qu'il était là pour estimer le nombre d'animaux autorisés à la chasse pour la prochaine saison !
Pour ce qui est de la faune, à part quelques empreintes laissé par un cerf, nous n'avons rien vu de très imposant... alors nous nous sommes plutôt intéressés aux insectes. D'abord des papillons...


... dont un Zygène de la filipendule, qui d'après wikipedia, est un papillon de nuit actif durant le jour.... en voilà un qui ne chôme pas ! Ces papillons aposématiques se signalent par leur couleur comme toxiques auprès de leurs prédateurs, et émettent un liquide contenant du cyanure en cas d'attaque ! Dire que je passais mon temps à les attrapper quand j'étais gosse...

Enfin, nous avons croisé quelques nécrophores fossoyeurs (Nicrophorus vespilloides) sur une charogne de serpent. Ces coléoptères enfouissent normalement les charognes sous terre pour éviter la concurrence et y pondre tranquillement leurs larves, mais ici sur la route, ça risque d'être délicat - d'ailleurs les mouches en profitaient et s'en donnaient elles aussi à coeur joie.

Vous remarquerez aussi quelques petites bestioles : des acariens parasites profitent du nécrophore pour voyager gratis de charogne en charogne. Puisque cet article se la joue culture, culture... j'essaieraie de retenir qu'il s'agit de Phorésie.