Tour du Settsass
Samedi.
Encouragés par notre long tour de la veille, nous récidivons sur une randonnée un peu sérieuse, le tour du Settsass avec si possible, le sommet en prime. Quand nous débarquons au Valparola, il est assez tôt pour que nous soyions parmi les premiers - si on fait exception évidemment des quelques vans aménagés qui ont dormi ici. Le temps de chausser sérieusement et de se couvrir chaudement, et hop, nous « plongeons » du parking vers les sentiers en contre bas. Moins de 100 mètres plus loin, notre arrivée matinale est récompensée : le sentier passe juste à côté de deux terriers de marmottes qui à cette heure-là et avant que la foule n'arrive, n'ont pas vraiment envie de retourner se cacher... elles préfèrent se réchauffer aux quelques rayons de soleil. Elles ont beau nous regarder d'un air méfiant, on voit bien qu'elles n'ont pas peur.


Après un petit pipi derrière un sapin (cette année tous les matins, c'est le même rituel... à cause de l'effet dévastateur du froid sur ma vessie !) nous rejoignons le goulet en descente qui n'est autre qu'un petit torrent équipé d'un câble et de quelques marche-pied. Son accès tout en boue aurait du nous mettre la puce à l'oreille... mais après ce passage un peu trop « acqueux », nous marchons au pied du Settsass sur un sentier bien sec : assez pentu pour ne pas avoir gardé l'eau, et plein sud donc au soleil toute la journée ce qui lui a permis de sécher.

En chemin, nous assistons au démarage de quatre alpinistes qui démarrent au pied d'une des falaises du Settsass - peut-être font-ils l'ascension du Monte Castello (2371 m), alors que le sentier oscile autour de 2200 m d'altitude. Nous regardons les premiers monter, mais la seconde cordée tarde à commencer... nous n'attendons pas et repartons. Près du col, nous prenons une pause au petit châlet qui peut servir d'abri. Après quelques biscuits, nous reprenons la progression.

Maintenant le sentier monte droit vers le nord, et un peu plus encore dans la pente, au pied du Settsass. Sauf que c'est moins drôle : ici, la neige s'est accumulée la semaine dernière, parfois sur plus de 50 cm de hauteur, et elle n'a toujours pas (assez) fondu. Elle est donc plutôt piégeuse, car même si visiblement pas mal de monde est déjà passé les jours suivants, et que des sentiers relativement tassés sont facilement lisibles, ils sont aussi très fragilisés par une fonte par en-dessous. Double bonus : quelques glissades sur la neige (ça, on gère), mais surtout maintenir une attention maximale pour quand le pied s'enfonce dans des endroits inoppinés. En effet, nos précesseurs sur la neige n'ont pas suivi le sentier officiel ; leurs traces passent souvent largement au-dessus de son emplacement, à un endroit où le pied pourrait atterrir sur du terrain accidenté.
Pire, la neige, comme on l'a dit, commence à fondre sérieusement. Du coup, partout où il n'y a pas de neige, il y a de la boue. Le sentier est immonde, et nos chaussure aussi ! On se balade avec de la gadoue collée sur nos basques... quand c'est pas le sentier qui glisse, on glisse quand même ! Nous croisons un large groupe de randonneurs, des retraités allemands, tout aussi crottés que nous. Quand nous arrivons à l'intersection, d'où on peut aller soit vers Pralongia (d'où arrivent deux randonneurs qui patinent sur un sentier encore plus boueux), soit contourner le Settsass pour revenir vers Valparola par l'autre versant, soit vers la cime du Settsass. Nous nous engageons vers la cîme. Sauf qu'ici le sentier est encore pire. Nous perdons patience, il n'y a aucun plaisir à marcher ici... nous faisons demi-tour. Nos suiveurs feront pareil : eux aussi en ont largement marre de pattiner !
Nous en profitons pour prendre la pause déjeuner. Cela fait bien longtemps que le soleil a disparu, et on se pèle grave les miches : nous ne perdons pas trop de temps, les fesses sur un gros caillou, et avalons notre sandwich assez vite. Voilà, c'est tout vu, on peut repartir ! Nous reprenons l'ascension, mais cette fois-ci sur le sentier qui contourne le Settsass : pas de sommet aujourd'hui pour nous. Un peu plus loin, malgré le ciel gris, nous traversons une petite forêt de mélèzes assez magique.

Dommage qu'il n'y ait pas de lumière. Après cette forêt, le sentier monte doucement, d'abord dans un terrain de prés, puis de plus en plus sur la roche : il faut parfois y mettre un peu les mains et faire attention car la roche est humide et glissante. Là-haut, nous voyons un groupe de quatre personnes redescendre d'un sommet qui n'est pas le Settsass : ce doit être les alpinistes qui descendent par la « normale » qui d'ailleurs n'a pas l'air d'être un sentier, ou alors un sentier tracé par des chamois. Quand nous approchons du but, nous jetons un oeil derrière nous, et surprise : une dizaine de vélos nous suivent. Alors que visiblement, il leur faut porter leur vélos tous les 10 mètres. Par contre, sans surprise, tous les piétons qu'ils croisent, trop bien élevés, leur cèdent le passage. Ai-je déjà mentionnée que je suis absolument CONTRE les espaces partagés pour des moyens qui induisent une différence d'usage et de vitesse si évidente ?...
Une dernière descente bien boueuse, et nous revoici dans les alpages au pied du parking : il ne reste plus qu'à remonter en empruntant le pire itinéraire possible, histoire de se flinguer les jambes et le souffle - dernier challenge de la journée ! Remporté avec brio, évidemment : cette année nous sommes en forme. Quelques biscuits au chaud dans Partner, et nous reprenons la route vers Caprile, et un bon (mais rapide) sauna. Ce soir nous allons manger chez Maria, qui nous dit être, au contraire, trop fâtiguée cette année.