Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

mercredi 18 sept. 2024, 21:32

Ra Gusela

Mercredi.
Nous envisageons aujourd'hui une balade qui donne un peu plus à voir : le tour de Ra Gusela et de l'Averau en partant du Passo Giau (2236 m). En route vers le col, nous faisons un pit stop à Colle pour remplir les bouteilles d'eau à la fontaine locale, puisque nous avons oublié de le faire à Caprile. Arrivés rapidement au col, nous sommes parmi les premiers à nous garer sur le parking. Il est encore tôt, le soleil pointe légèrement sans réchauffer, et surtout, un fort vent de nord-est nous congèle sur place. Pour éviter d'avoir à marcher contre le vent, nous décidons de tourner autour à l'envers - c'est-à-dire en sens horaire.

Panorama

Au début, le sentier est plutôt bien dégagé, avec très peu de neige malgré l'altitude, et nous marchons même au soleil au début. Nous croisons un groupe sur le chemin - vu l'heure, ils ont du dormir au refuge -, puis deux femmes qui portent un gros sac. Elles sont québécquoises, je leur propose de les prendre en photo, et nous discutons un peu. Elles disent que plus haut, il ne faut pas prendre le sentier vers le Falzarego : trop de neige, trop dangereux, elles sont effectivement passées (j'oublie de leur demander : quand ?) mais elles avaient des crampons. Bon, on verra bien. Nous continuons à marcher, et cette fois-ci nous sommes à l'ombre de Ra Gusela.

Averau

Nous arrivons assez rapidement au Rifugio Averau, et il ne fait toujours pas chaud. Il y a déjà un peu foule, mais il faut dire qu'arriver ici depuis le télésiège est rapide. Nous continuons finalement sur le chemin prévu dans notre tour, celui que les québecquoises ont signalé. Nous y croisons un nouveau groupe de randonneurs qui descendent. Et effectivement, un passage s'avère un peu délicat - mais en montée, et avec la neige qui fond, nous passons sans problème. À la Forcella Averau (2435 m), nous croisons un groupe d'asiatiques accompagné d'un guide - ils prennent des photos, évidemment, mais écoutent aussi de la musique italienne. Je commence à me demander si ce sont vraiment des touristes étrangers, ou plus probablement des chinois installés dans la plaine depuis plusieurs années : nous savons qu'à Padova il existe un important quartier dédié au commerce international, avec de nombreux entrepôts, et où même le nom des rues est écrit en caractères chinois. Nous bifurcons ici vers le sentier des tranchées, qui tourne autour de l'Averau et nous ramène vers le rifugio Scoiattoli (2255 m) avec de belles vues sur les 5 Tours et les Tofane.

Cinque Torre

Nous mangeons en contre-bas du refuge, abrités du vent et face au soleil : c'est presque agréable. Nous repartons vers le Crepe dei Ronde (2182 m) qu'on voit depuis notre pause déjeuner. Quand la randonnée est effectuée dans ce sens, cet endroit ne propose non pas une belle montée, mais une descente plongeante entre les falaises. C'est pas mal, mais c'est moins drôle : même pas vertigineux, et on perd l'occasion de tester nos jambes et notre cardio !

Tofane

Nous croisons un couple de français, qui vient de commencer sa rando. Des français, il y en a de plus en plus ici, de même que des espagnols. Arrêtez de faire de la pub pour les Dolomites ! Trop de touristes... au Giau, américains, québecquois, japonnais, coréens, espagnols, français.... le monde entier s'est donné rendez-vous ici. Quant à nous, quand nous terminons notre tour il est encore tôt. Nous commençons par quelques courses (un très nécessaire stick à lèvres anti-UV, le précédent ayant rendu l'âme ; et des bâtons de marche Gabel trouvés dans un magasin d'habillement sportif à Caprile), avant d'aller prendre le chaud au sauna.

Ce soir, nous aurions aimé manger à la pizzeria voisine, mais cette semaine elle est fermée. Dommage... pour la peine nous allons à Costa, à Canale d'Agordo - et pour être sûrs de ne pas se casser le nez, j'appelle. On me propose de réserver : ok ! En réponse aux questions, je réponds : mon nom, 2 personnes. Quand nous arrivons, nous découvrons que la résa a été prise au nom de « Boske » pour 3 personnes. Visiblement, les informations ont du mal à passer ! Notre table est dans la salle en couloir, à l'entrée. La seule autre table occupée l'est par des étrangers, et à un moment nous sommes assez suspicieux pour nous dire qu'on nous a relégés avec les étrangers... bon ok, après tout nous sommes étrangers. Mais finalement, un couple d'italiens est installé à côté de nous, donc ce n'était pas de la ségrégation. En attendant, les pizza sont toujours aussi bonnes (même si nous aurons un peu de mal à les digérer cette nuit).