Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

lundi 9 sept. 2024, 21:32

Lago di Como

Dimanche.
Réveil après une bonne nuit de sommeil : ce matin, le temps est gris et pluvieux. Au petit déjeuner la discussion reprend, toujours aussi drôle et rythmée, tellement que nous avons bien du mal à nous quitter. Finalement à plus de 11h passées, nous voici partis après le plus long (et plaisant) petit déjeuner qu'on ait jamais pris ! :)

Nous quittons la région de Neufchâtel en longeant le lac vers le nord - nous sommes surpris de voir autant de vélos sur cette route principale, qui n'est pas vraiment une voie rapide mais qui y ressemble beaucoup (il ne lui manque que la vitesse). Nous empruntons l'autoroute 2 qui passe près de Lucerne, et le temps d'abord gris est maintenant sacrément pluvieux.

À la dernière station service avant le col du Saint-Bernard, nous faisons un petit arrêt pipi sous la pluie - c'est là que la menue monnaie rendue en francs suisses contre les 50 euros de la vignette prennent toute leur importance : en fait, ces deux pièces permettent donc d'aller deux fois aux toilettes (payantes même en station service, évidemment) pendant le trajet ! D'autant plus que le long du parking, placardés sur les grillages face aux voitures, des panneaux annoncent qu'uriner là est « sanctionnable ». Ce qui est intéressant, c'est qu'autant le pictogramme semble plutôt clair (un bonhomme bâton, debout, le petit jet de pipi, dans le gros cercle rouge barré de l'interdit), autant le texte ne dit pas explicitement que c'est interdit : c'est « sanctionnable et passible d'une amende » de plusieurs centaines de francs suisses. Ça veut dire quoi au juste ? C'est pas interdit, mais si on te chope, tu vas payer ? Risque le coup si tu veux, mais regarde bien si personne surveille ! Quelle étrange formulation.

Nous voici repartis. Il ne reste plus beaucoup de kilomètres jusqu'au tunnel du Saint-Bernard, peut-être une dizaine, mais à partir de là, ça n'avance plus : embouteillage. C'est long. Et ça ne bouge pas. Finalement, nous prenons la première sortie disponible : nous irons par le col, là au moins ça roule ! Sauf que ça roule sous la pluie... et dans le brouillard. À tel point que je rejoins au plus vite la voiture devant moi histoire de pouvoir suivre ses feux rouges - parce qu'à part ça, on ne voit pas grand chose, une vraie purée de pois !

Une fois le col passé, nous redescendons rapidement vers une 4 voie, mais la pluie ne s'est pas arrêtée - bien au contraire, c'est de pire en pire, ça tombe à seaux ! À certains endroits, la route n'évacue pas l'eau assez vite, les flaques sont clairement visibles et on sent parfois la voiture flotter un peu. Je reste le plus sagement possible sur la voie de droite, où la vitesse oscille autour de 100 km/h, mais d'autres plus (trop ?) optimistes continuent à « courrir » sur la voie de gauche. Et effectivement, nous remarquons un des optimistes le nez dans le talus un peu plus loin.

Nous voici à proximité de Lugano - quelques hésitations sur les directions, on sort de l'autoroute. Nous nous retrouvons dans la ville, à tenter de suivre les (rares) indications pour Menaggio malgré tous les panneaux sens interdits. Finalement, nous voici sur la bonne route, et voilà : la frontière. Aujourd'hui, et c'est bien la première fois depuis longtemps, les douaniers sont de sortie : tous autant que nous sommes dans la queue, c'est chacun notre tour, interrogation ! Traduit en français, ça donne un peu près ça :

  • Bonjour, vous allez où ?...
  • (en Italie, c'est évident, non ?)... Como, puis dans les Dolomites !
  • Pourquoi vous y allez ?...
  • en vacances !
  • Vous revenez par la Suisse ou la France ?...
  • (ben tôt ou tard on reviendra en la France, non ?) par la Suisse !
  • Ok, c'est bon. Est-ce qu'on peut avoir faux à ces questions ? Après j'avoue que, un utilitaire immatriculé en France, une fille avec des cheveux bleux (une anglaise ?) en conducteur, qui répond en italien, ... c'est peut-être pas le cas le plus fréquent. Mais bon : ça passe !

En attendant, nous sommes toujours sur une toute petite route pour rejoindre Menaggio, et la pluie est toujours aussi torrentielle... Heureusement c'est limité à 50 km/h mais même comme ça, nous roulons souvent dans des flaques d'eau profondes qui déversent des vagues sur les bas côtés sous les roues de Partner. Après encore quelques kilomètres en bord de lac et quelques tunnels, nous arrivons à Barbignano, où nous trouvons rapidement le camping « la Breva » que j'ai réservé sur internet. Il est situé entre une église et la plage... un emplacement parfait !

Une fois l'emplacement attribué, nous préparons Partner pour la nuit sans même ouvrir les portières - 100% par l'intérieur, un exploit ! puis allons prendre un verre au bar du camping. C'est une chance, il propose une large zone habritée avec des tables. C'est là que nous passons la soirée : apéro, dîner, et même un peu de lecture. Vers 21h, la lumière s'éteind avec la fermeture du bar : c'est l'heure d'aller se coucher. Dans Partner, le bruit de la pluie qui martèle le toit métallique est assourdissant - ça drache, ce soir ! D'après la gérante du camping, c'est comme ça depuis 15h... heureusement, ça se calme avant minuit, et finalement nous passons une bonne nuit. Surtout qu'après autant de route nous sommes vannés !

Lundi.
Le lendemain matin, l'endroit n'a plus rien à voir avec la veille. Plus aucun nuage dans le ciel ! La lumière est décidément italienne : un soleil franc éclaire le lac, nous allons petit déjeuner sur ses rives. Ensuite, sommaire repliage des sacs de couchage histoire de libérer un peu de place, et nous voilà partis en vadrouille. Nous roulons jusqu'à Domaso. Une fois Partner garée, les chaussures de randos chaussées, un sac avec de quoi grignotter à midi sur le dos, nous commençons la rando. D'abord, visiter Domaso, puis s'en éloigner, s'élever à travers les ruelles et les petites routes en laçets vers la forêt de feuillus. Nous quittons la route bitumée en sortant du village de Gaggio - tiens, c'est là que j'avais repéré un camping panoramique réservé aux tentes seulement... et pour cause, les campers ne peuvent justent pas l'atteindre. En fait, la route semblait tellement étroite que j'avais même peur d'y amener Partner !

Domaso

vers Livo

Un sentier muletier conduit jusqu'à Livo, notre destination. Malgré l'énorme orage de la veille, le sentier est déjà très pratiquable, ni boueux ni glissant. En chemin, Antoine tombe nez à nez avec une liane de houblon pourvue de magnifiques fleurs, épanouies, grosses et bien vertes : nous en ceuillons une petite gerbe que nous accrochons au sac à dos. En fait, à Livo il y en avait encore plus, juste à côté de l'église - on aurait du en prendre plus ! Car ensuite, en montagne, nous n'en avons pas vu beaucoup, il semble que cela n'aie pas été l'année du houblon par là-bas.

Livo

Le village de Domaso est plutôt mignon. Les toits les plus anciens sont en pierre, la charpente doit être sacrément costaude... par contre, c'est on ne peut plus tranquille, peut être même un peu abandonné. Combien de maisons sont-elles encore habitées ici ? Après avoir fait un tour du village, nous allons nous poser dans les champs en contre bas pour grignotter. C'est là que je m'aperçois que si le sac n'était pas si lourd, c'est pour une bonne raison : j'ai oublié de prendre de l'eau. Dommage, car aujourd'hui il fait beau et presque chaud, surtout après une rando en montée !

vers Domaso

À la redescente, nous admirons quelques vues sur le lac, perdons un peu le sentier, et retrouvons une seconde mulatière tout aussi « historique » : personne aujourd'hui s'amuserait à construire un tel chemin en pierres dans la montagne. Du grand art, en fait, même si ce ne sont pas les chemins les plus faciles à marcher.

vers Domaso

De retour à Partner, il est encore tôt, en fait il est l'heure de manger. Nous revenons vers le camping, en faisant quelques courses dans un supermarché qui finalement ne nous plaît pas trop : nous ne prenons pas grand chose, ce qui nous obligera à refaire des courses plus tard dans la journée. Nous nous garons tout simplement au camping, et rejoignons la plage pour manger. Il y a pas mal de monde, et quelques personnes se baignent. Nous allons d'abord faire une balade « lungo lago », puis revenons finalement pour se baigner en fin de journée, avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes - alors qu'il est encore assez tôt !

Après un passage rapide sous la douche de la plage - pas si froide, finalement - qui remplacera une douche au camping (payante... oui, ça existe encore, les douches chaudes payantes...), nous allons faire les courses au Conad du coin. Dîner, un peu de lecture, un peu de jus de cerveau sur le problème épineux du planning (la météo annonce un temps absolument excécrable jeudi : que faire pour profiter au mieux des belles journées qui restent ?) et au lit - toujours dans Partner, car nous avons la flemme de sortir la tente pour un soir.