Col di Lana et contour
Mardi 19.
Le temps est beau et froid aujourd'hui, mais beaucoup moins froid que la dernière fois que nous avions tenté la rando d'aujourd'hui. L'année dernière, la température frôlait le négatif et le windchill était tellement insoutenable qu'on avait pris la fuite et changé nos plans ! Non, aujourd'hui, c'est complètement jouable - pas très agréable, mais jouable !
Nous partons donc du passo Valparolla. Le sentier descend d'abord vers un replat anciennement entièrement parcouru de baraquements et de tranchées (à l'époque WWI, évidemment), puis plonge dans un petit torrent qui roule dans une anfractuosité, mais où des câbles et même des marche-pieds en métal sont prévus pour passer sans risque. Après quoi, il ne reste qu'à monter tranquilement au soleil, tout le long du Settsass, à ses pieds. Au bout du chemin, une ancienne malga qui peut servir d'abri nous permet de nous installer dehors à la fois au soleil et à l'abri du vent (qui bien que soutenable quand on marche, reste très incisif à l'arrêt) pour prendre notre pause « goûter » du matin (oui, en balade on mange bien plus que nos 3 repas par jour...).

Il ne reste que quelques centaines de mètres pour atteindre le passo Sief (d'où est prise la photo), où commence une impressionnante tranchée toute de pierres sèches, rénovée à l'occasion du centenaire. Elle remonte en lacis jusqu'au sommet du Sief, où une plaque commémore les batailles et les disparitions tragiques - des plaques de souvenir assez déplaisantes, d'un autre âge, dans un pur style nationaliste et à la vision du tragique assez unilatérale, à la gloire de « héros » italiens (essentiellement des chefs, évidemment, car qui s'intéresse à la piétaille ?). Oublions la plaque : la vue à 360° est magnifique.

Du Sief, un sentier d'altitude souvent attrezzato (c'est-à-dire équipé d'un câble, et même à un endroit d'une échelle) permet de rejoindre le Col di Lana, tout en passant par une tranchée / baraquement d'altitude reconstitué en bois, et devant plusieurs départs de galeries.

Arrivés sur le Col di Lana, une petite église commémorative, et un ricovero (un mini-refuge sans gestionnaire). Ce dernier propose un banc tout neuf, plein soleil, face au paysage, et abrité du vent. Parfait !

Ce sera notre pause déjeuner, notre luxe à nous. Nous redescendons ensuite un partie du sentier orienté plein sud, avant de s'orienter plein ouest : nous tournons ainsi par le bas autour des deux cimes que nous venons de voir par leur plus haut. En bas aussi, la guerre a laissé même aujourd'hui quelques traces pour qui sait voir : quelques bouts de fils barbelés rouillés, et d'anciennes tranchées latérales ou parallèles à la pente. Quand le passo Sief est en vue, nous découvrons un tronçon inédit de chemin (c'est pas tous les jours pour nous qui avons beaucoup sillonné ces zones...), découvrons une source déviée vers un abreuvoir (depuis peu, les sources sont indiquées aux randonneurs par des panneaux !) et visitons une bicoque d'altitude qui doit servir à des bergers.
La remontée du passo Sief est presque la dernière montée, alors courage, ensuite c'est pit stop à la même cahute qu'à l'aller, et descente en roue libre (et toujours au soleil) vers le passo Valparolla : nous franchissons la dernière montée en accélérant, histoire de jouer un peu avec la cardio en fin de journée et se prouver qu'on en a encore sous les pieds (et oui, on est décidément en forme cette année !).
Retour au bercail, et sauna.