Randos en chemin
Vendredi 08.
Petit déjeuner deluxe à l'hôtel, qui nous propose en buffet un large choix de viennoiseries et pâtisseries (entre autres choses) de la marque Tre Marie - le must du biscuit et du panettone industriel. Quelques autres clients sont tombés du lit : à la table voisine, s'installent une maman plus toute jeune, un peu handicapée dans ses déplacements, et son grand fiston qui s'occupe d'elle.
Avant de quitter San Pellegrino Terme, nous faisons un dernier petit tour dans la partie haute de la ville : un casino entièrement réhabilité qui sert d'entrée aux termes (il faudra revenir les faire un jour... peut-être), et un funiculaire qui mène jusqu'aux sommets juste au-dessus de la ville. La billetterie est automatisée, personne n'est sur le site - à part nous, et un client resquilleur qui passe fissa sous la barrière et entre dans le petit wagon. Après tout, c'est en libre accès, alors perché no?




Nous reprennons la route vers le sud : nous revenons vers Bergamo, contournons la ville et entrons sur l'autoroute pour une centaine de kilomètres. Nous sortons au cul du lac de Garde, et commençons à en longer la côte ouest. Le temps est au grand soleil, chaud pour la saison.
La route est d'abord envahie de commerces en tous genres, mais ça roule correctement. Au niveau de Salò, la route s'éloigne un peu et prend de la hauteur sur le lac, nous offrant quelques rares belles vues sur la vaste étendue d'eau bleue paisible. Nous poursuivons ainsi jusqu'à l'entrée de Gargano : la nous virons serré à gauche, pour rejoindre une petite route qui monte rapidement et bien raide dans la montagne. Après presque 20 km interminables, nous arrivons enfin à Sasso, un petit village déjà bien perché. Nous nous garons au parking à l'entrée, et remplissons nos sacs de provisions pour ce midi.
La rue la plus haute du village, la via San Valentino, se transforme à son extréminté nord en un petit sentier de type mulatier plus ou moins bien pavé de grosses pierres. Il monte parfois doucement, parfois un peu raide dans la végétation - un peu d'ombre est bienvenue aujourd'hui. Après une quinzaine de minutes, se trouve un point de vue panoramique sur le lac, situé au-dessus d'une petite falaise qui permet cette vue dégagée. Là, une bifurcation indique Eremo di San Valentino : nous la suivons, et rapidement le sentier descend de manière légèrement vertigineuse. Les câbles métalliques aident cependant à passer sereinement, et le sentier reprend sa progression à flanc de montagne. Et voilà : adossé à une autre falaise, un petit ermitage troglodytique.

La petite église renferme quelques peintures, et un cahier que les touristes signent - sans jamais omettre de mentionner la date, leurs noms, leur lieu d'origine, et parfois ils partagent leurs impressions sur l'endroit. Dehors, il y a de quoi s'asseoir à l'ombre : c'est parfait pour un déjeuner au calme. Nous ne sommes rejoints que par un petit groupe de trois jeunes qui visitent eux-aussi les lieux, avant de repartir.
Après manger, nous reprenons le chemin inverse. Assis près du point de vue, un couple de retraité engage la conversation : ils ont tenté le chemin que nous allons emprunter, et l'ont trouvé trop raide. Nous nous engageons malgré tout, nous verrons bien. Effectivement, le sentier est parfois trop raviné par l'eau (absente évidemment en ce moment), ce qui ne le rend pas très agréable à marcher. Mais ça passe... après tout, nous sommes là pour nous entraîner un peu avant les Dolomites !
À la bifurcation suivante, après une petite hésitation, nous maintenons le cap le plus direct vers la cima Comer (1289 m), notre objectif : le sentier est d'autant plus raide, mais aussi plus rapide. Et puis la cardio tout comme les jambes sont mises à contribution ! Une fois là-haut, la vue récompense l'effort.

Pour terminer cette petite randonnée montagneuse au lac de garde, nous bouclons par un autre sentier à la descente : il serpente à nouveau en forêt, mais avec une pente plus accessible, et rejoint un bâtiment abusivement appelé "Rifugio alpini di Gargano". Fermé, il semble plutôt éqûipé pour abriter des petites fiestas des associations locales et des "colos" de vacanciers que de servir véritablement de refuge. Après un petit tronçon de route goudronnée - dommage ! - nous retrouvons le sentier et revenons assez rapidment à la bifurcation, puis retrouvons Partner.
Il est temps de redescendre vers Limone, où nous avons prévu de passer la nuit. Cependant, un rapide coup de fil au camping que j'avais identifié nous annonce qu'il est complet. Aïe ! Je n'ai pas le numéro de l'autre... nous y allons directement, mais il faut une bonne heure de route si ce n'est pas plus. Quand nous arrivons, la jeune fille qui s'occupe de l'accueil nous annonce qu'ils sont eux aussi complets. Aïe aïe aïe ! Mais surprise : d'origine sénégalaise, elle parle parfaitement français, et nous propose une solution de rechange devant nos airs dépités : une place où on peut planter la tente, mais pas garer la voiture - normalement réservée aux randonneurs itinérants. Parfait !
Nous garons la voiture 50 mètres plus loin, sur le parking sécurisé du restaurant du camping, et nous installons. Le temps d'aller chercher l'antimoustique dans les affaires, j'ai déjà été bouffée au moins dix fois - sans doute des saloperies de tigre ! Nos voisins sur l'emplacement en terrasse situé juste en dessous de nous arbore un petit drapeau breton, et leurs motos sont immatriculées dans le 56, mais nous n'aurons pas l'occasion de discuter avec eux. Pour le reste, ce sont essentiellement des allemands en camper, et quelques suisses un peu perdus eux aussi au milieu des germanophones (à moins qu'ils ne soient eux aussi de Zurich). Après quelques courses à un mini super accessible à pied, nous sommes prêts pour aller dîner de quelques produits locaux, installés sur la plage de petits galets, dans la lumière descendante. La nuit tombe vite. Ce soir, nous ne faisons pas de vieux os : une douche bien chaude et bien méritée, et au lit.
Samedi 09.
Après une bonne (et longue) nuit de sommeil, nous nous levons de même comme des itinérants : tôt. Presque personne n'est levé, même après avoir pris le temps de plier et ranger la tente et le barda. Un petit passage par le bloc sanitaire, et hop, nous voici en maillots de bain pour une petite baignade à l'aurore - même le soleil n'a pas encore passé la ligne d'horizon, par ailleurs assez haute, il faut bien l'avouer. Personne. La température de l'eau est agréable. Splendide.

Après la baignade, petit déjeuner, toujours sur la plage ! Le camping se réveille doucement, nous allons prendre une douche, et quittons les lieux pour faire seulement quelques kilomètre et se garer à Limone sul Garda. Le parking extérieur a encore quelques places, mais cela ne va pas durer... nous faisons malgré tout partie des premiers touristes du matin, et nous apprécions le calme des lieux.


Nous traversons toute la petite ville par le bas, poursuivons un peu sur le "sentier du soleil", une piste cyclable qui ne fait que quelques kilomètres mais dont la promotion est faite un peu partout, en particulier grâce à la passerelle ciclopedonale photogénique qui longe l'extérieur d'un tunnel et permet une pratique plus sécurisée du vélo. Puis nous revenons sur nos pas, en explorant les ruelles un peu plus hautes.
Nous reprenons la route : tunnels et routes suspendues au-dessus du lac s'enchaînent jusqu'à Garda, puis c'est rocades et petites villes : nous suivons plein nord la SP84. Un petit tronçon d'autoroute nous permet ensuite d'entrer plus rapidement dans le val d'Ega. En fin de matinée, nous dépassons le lac de Carezza et allons nous garer un peu plus loin. Armés d'un guide anglais qui date d'une quinzaine d'année, nous suivons les indications pour une petite randonnée en boucle qui doit nous faire passer aux pieds du Latemar avant de redescendre par le lac. Hélas ! La tempête Vaia est passée par là. Ou plutôt, les tronçonneuses et les engins de chantier... car certes, de nombreux arbres sont tombés, mais d'autres ont été coupés par la même occasion, et de vastes routes forestières ont été tracées - c'est quand même plus pratique pour laa pratique du vélo électrique !
Bref, les sentiers ont disparus, et nous voilà sur des "autoroutes à piétons" qui font de larges détours et allongent la balade. Nous verrons bel et bien la "forêt" de (gros) cailloux, mais nous n'arriverons jamais à retrouver le sentier qui devait nous mener au lac - nous bouclons malgré tout partiellement. Nous profitons d'un point haut et au soleil pour déjeuner pendant la balade. D'ailleurs, près de cet endroit nous sommes surpris de trouver tout un site où le sol est de sable fin, de couleur très claire... une plage dolomitique !
Après 3 h de balade, nous reprenons la route vers Agordo, et il nous reste un peu de route - Vigo, Moena, Passo San Pellegrino, Cencenighe, ... Ce soir, nous dînons et dormons chez Maria. Une des informations qui la choquent le plus, cette année, est qu'il y a une douzaine de loups (avec sans doute une majorité de femelles avec leurs petits de l'année) qui se sont installés du côté du refuge Scarpa - celui situé au niveau des pentes nord de l'Agner, de l'autre côté du val de San Lucano. Elle semble absolument stressée par l'idée d'en rencontrer un - ce qui ne nous inquiète pas du tout, car les loups sont d'une discrétion légendaire : ils nous regardent passer, mais nous humains ne les voyons presque jamais.