Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

mardi 5 sept. 2023, 21:32

Halte au lago Maggiore

Mardi 05.
Petit déjeuner face au lac de Port Titi : grandiose, les grands espaces c'est quand même autre chose. La campagne c'est quand même bien moins beau qu'une si grande étendue d'eau encadrée de montagnes et de sapins !

Nous prenons la route assez tôt, direction la Suisse ! Pour une fois, nous contournons le lac par le sud (essentiellement à cause de travaux à son nord), et faisons un arrêt prématuré et complètement inhabituel aux Hôpitaux-Neufs : objectif, faire un retrait dans un DAB avec nos nouvelles cartes de paiement pour les activer... heureusement que nous y avons pensé in extremis !

C'est reparti, mais pour commencer les arrêts s'enchaînent : d'abord, la douane suisse pour la vignette, puis à la Migros de Vallorbe - pour le plaisir, essentiellement du chocolat mais aussi de quoi grignotter le midi. Et voilà, un peu d'autoroute vers Lausanne puis Montreux, à l'est du lac Léman, que nous quittons par la large vallée quasi plein sud, avant de repiquer vers l'est : l'autoroute s'arrète bien avant Brig, qui est un peu la porte du Simplon. Une fois arrivés là-haut, nous déjeunons au soleil un peu frisquet à cette altitude.

Une fois remontés en voiture, il ne faut que quelques kilomètres en direction de l'Italie pour que le temps change radicalement - nous n'avons même pas encore passé la frontière, qu'un épais nuage voile le soleil, retire toutes les couleurs du paysage, et 10 degrés celsius au passage ! Quelle déconvenue... La route est donc un peu morne, seule bonne nouvelle : le bitume a été (enfin) refait, plus besoin d'être hyper attentif pour éviter de rouler dans les trous !

Arrivés au lac Majeur, la première chose à faire, soyons clairs, c'est : les courses. Et là, Lidl è per te... Et hop, direction le sanctuaire du mont sacré de Ghiffa. Une fois Partner garée, nous nous faisons une petite balade dans les bois de la montagne sacrée, histoire d'éviter le rassemblement bruyant qui a lieu ce jour-là dans le sanctuaire - en particulier, quelques dizaines de gosses courent partout en braillant... tout ce qu'on aime ! Une heure plus tard, c'est beaucoup plus calme - il ne reste qu'une vingtaine d'adultes qui participent à une conférence en plein air. C'est la première fois qu'on croise autant de gens ici ! Dîner face au lac, et comme d'habitude, à peine le soleil est tombé - et il tombe tôt en Italie en cette saison - au lit.

Mercredi 06.
La nuit a été calme. À l'aube, petit déjeuner sur le banc face au lac... le ciel est désormais bien bleu, et le soleil déjà radieux. Ce matin, petite rando pour se mettre en jambes - il faut dire que nous sommes partis de chez nous sans la moindre balade d'entraînement. La balade commence plein ouest vers Caronio, avant de repiquer derrière les crêtes vers la direction opposée, pour arriver à Pollino. Au bout du petit patelin, petite pause sur un banc face à un panorama magnifique - ok, essentiellement le même qu'à Ghiffa, mais d'encore plus haut !

Lac Majeur

La route du belvedere perd rapidement son asphalte et s'enfonce dans la forêt - juste avant de quitter la civilisation, comme pour annoncer la transition vers la nature, nous passons sous des pylones bardés d'antennes 3G ou autres. Mais il ne faut pas longtemps pour être vraiment dans la nature : sur notre gauche, des sangliers se signalent en grognant - puis déguerpissent. Les sangliers nous foutent toujours un peu la trouille, surtout quand ils courrent, et surtout quand maman se balade avec ses petits, mais présentement en Italie ils sont petits (aucun chasseur ici n'a songé à croiser ces animaux sauvages à des cochons pour ne pas les louper même avec 2g d'alcool dans le sang) et ils ont la décence de s'enfuir loin de nous plutôt que vers nous. Après avoir longé toute la crête, il ne reste plus qu'à boucler la boucle et redescendre au sanctuaire.

Pour déjeuner, nous identifions une table de pique nique indiquée juste à côté de notre parking - ce qui ne nous empêche pas d'emmener Partner avec nous (à moins que ce ne soit elle qui nous y emmène). Effectivement, il ne faut que 200 m de route très pentue pour atteindre un espace aménagé en parking verdoyant (interdit au camping) où trône une seule table à côté d'un point d'eau. Personne. Parfait ! Nous mangeons et prenons la pause au soleil.

Après quoi, nous quittons cette partie du lac : arrivés au niveau de Stresa, nous prenons la route des hauteurs avec un premier arrêt à Gignese, où nous aimons faire quelques courses simples dans le mini market : gressins, charcuterie, biscuits, jus de fruits pour le petit déjeuner, et deux bières pour le dîner. Direction le sommet du coin, une rando repérée sur internet : une petite route qui serpente et grimpe toujours plus haut, avec parfois une belle vue sur le lac. Sauf que... argh, mais c'est quoi cette douane ? La blague ! La route est payante... comme si c'était un parc d'attraction. Et bien, c'est trop cher pour les quelques heures qui restent aujourd'hui. Le parking juste avant fera l'affaire. Les sentiers qui en partent sont absolument catastrophiques - j'imagine que c'est fait pour : coupés par des clôtures électriques alors qu'aucun troupeau n'est en vue, gadouilleux ou mals tracés, ... assez impraticables au final. Nous jetons l'éponge.

Nous redescendons en voiture vers Gignese, et poursuivons plus au sud, vers Sovazza, jusqu'à une aire de pique nique perdue en pleine nature que nous connaissons pour y avoir dormi quelques années plus tôt. C'est là que nous poursuivons la balade, en suivant une route gravillonnée qui doit faire un circuit dans la forêt, tout en passant par quelques fermes ou du moins des lieu-dits dont le nom est mentionné. Malheureusement, nous estimons au vu de la lumière qui tombe rapidement que nous n'aurons pas le temps de boucler, et faisons simplement demi-tour sans doute juste avant d'avoir atteint la moitié du parcours pour éviter toute surprise. En même temps, la dernière ferme que nous avions dépassé était des plus étranges, avec ses trois chiens qui nous hurlent dessus - ces alarmes vivantes étant, c'est une chance, bien attachés avec des chaînes en points différents du petit domaine. Retour, dîner, et dodo juste à côté du petit torrent.

Aire proche Sovazza

Jeudi 07.
La première chose que nous constations ce matin, c'est que nous ne sommes plus seuls. Un combi immatriculé en France dort un peu plus loin. Nous prenons notre petit déj' sur une table, puis quittons les lieux avant que les compatriotes ne soient réveillés.

Pour quitter la zone du lac Majeur et avant de partir vers l'est, nous commençons par un petit crochet vers l'ouest, à l'opposé, pour découvrir le lac d'Orta. Il n'est pas encore 8h du matin, et en ce début septembre, tout est très calme. Une fois la voiture garée, nous rejoignons le lac à pied, et suivons le sentier du bord de lac jusqu'à la petite ville de Orta San Giulio, puis flânons un peu dans le centre historique qui se réveille à peine, sous un ciel bleu sans nuage.

Orta

Orta

Orta

Orta

Un petit jardin en accès publique donne sur le lac, c'est la Mairie ou une administration quelconque. Elle propose même une toute petite bibliothèque avec des documents hors d'âge.

Les ferronneries, les portes cochères entrouvertes qui dévoilent des cours intérieures, les venelles aux pavés énormes... tout ici fait penser que nous sommes hors du monde, hors du temps. Sauf peut-être les vitrines immobilières, qui vendent des palaces et dont les prix font penser que seul le gratin peut s'offrir ce luxe paisible.

Nous remontons le centre historique par une montée vers une imposante église qui surplombe les lieux, mais sans passer par le couvent qui la surplmobe elle-même... Une fois au volant de Partner, nous quittons les lieux : direction plein sud, puis droit vers l'est pour longer le bas du lac Majeur, et continuer ainsi jusqu'au lac de Como. La route n'est pas si longue, mais incroyablement lente : ce n'est qu'une succession de magasins, de petites villes qui ne présentent aucun intérêt, de traffic et de bouchons... Seul bénéfice : nous trouvons un supermarché Carrefour qui propose du diesel à un prix défiant toute la concurrence locale, et nous empressons de remplir le réservoir.

Il est presque midi et nous arrivons à Como, à laquelle nous ne comprenons pas grand chose - nous quittons malgré tout semble-t-il la voie rapide juste à temps pour rejoindre un quartier ville qui ne soit pas trop loin du lac, et se garer pas trop loin de ce qui pourrait être le centre ville... Néanmoins, nous marchons d'un bon pas pour le rejoindre, et déambuler entre les passants qui flânent et cherchent où passer leur pause déjeuner. Nous sommes un peu dans le même état d'esprit, sauf que nous avons déjà de quoi pique niquer - il ne nous reste qu'à trouver un banc et une vue. Ce sera au jardin publique du lac, face au port et au funiculaire.

Como

Retour à la voiture en plein soleil, en plein midi - il fait chaud à Como ! Et nous voilà reparti à nous perdre un peu avant de retrouver notre direction : nous voilà partis pour Bergamo, et nous revoici sur des routes qui n'avancent pas. In fine, nous arrivons à proximité, je sais qu'il vaut mieux se garer avant d'arriver trop près du centre historique en hauteur (Bergamo Alta), nous voyons même quelques indications pour le funiculaire, mais rien à faire : entre les indications pas très indicatives et les sens uniques, nous voici en train de passer la porte de la vieille ville... en voiture ! Heureusement juste après, un dernier grand boulevard avec encore pas mal de places de stationnement libres nous tend les bras - ça ne se refuse pas.

Il est très probable que nous commençons la visite par là où j'étais entrée un soir, il y a bien longtemps, dans cette ville pour une courte soirée - mais je ne reconnais absolument rien. Ici, les rues et les ruelles sont animées, mais il y a une foule dense de touristes - c'est assez déplaisant. Les petites boutiques tout comme les façades restent plaisantes, les places permettent de respirer un peu, et parfois, une rue donne sur la vue vers la ville basse et la plaine qui s'étend à perte de vue, dans une chaleur trouble.

Bergamo

Bergamo

Arrivés à l'ouest de Bergame, nous trouvons un glacier artisanal et prenons une pause rafaîchissante, bienvenue. Nous traversons à nouveau la ville en sens inverse, en essayant de prendre d'autres rues, et achevons notre parcours. Il est temps de sortir d'ici avec Partner. Nous prenons la direction plein nord. Le traffic nous ralentit jusqu'à ce que nous nous échappions de la banlieue, et que les collines se fassent de plus en plus présentes autour de nous. Après un long tunnel, nous voici vraiment ailleurs, c'est-à-dire : à San Pellegrino Terme.

C'est, comme son nom l'indique, une ville de thermes, mais surtout, évidemment ! la ville où la très célèbre eau de San Pellegrino est mise en bouteille. Nous sommes passés devant leur plateforme logistique, et elle est véritablement dimensionnée pour l'envoi des bouteilles partout dans le monde... c'est gigantesque. Mais à part cela, il ne se passe plus rien ici depuis longtemps. La petite ville est comme endormie - et doublement : oui, en ce début septembre, nous sommes déjà en basse saison, mais ici cela fait bien longtemps qu'elle a commencé ! San Pellegrino Terme a pourtant de beaux restes de ses jours meilleurs. De l'autre côté du large torrent, face au centre ville, un grand hôtel - et même, un immense hôtel ! - de style 1900 gît inanimé, les fenêtres un peu opaques de poussière, comme des yeux aveugles. Il est flanqué d'une ancienne gare qui semble n'être plus qu'un bistrot.

Nous garons Partner et dégainons le téléphone, à la recherche d'un bon prix pour une nuit d'hôtel. Nous sélectionnons l'Hôtel Avogadro, modeste mais propre et situé au centre. À l'accueil, le prix annoncé est le même que sur internet, parfait ! Après nous être installés, nous repartons pour une petite balade dans la ville, et surtout, pour une fois, nous cherchons de quoi manger ailleurs que sur un banc, pour changer. Cependant ce soir, le choix n'est pas monstrueux... beaucoup d'établissements sont fermés. Après un premier tour, nous sélectionnons finalement un lieu un peu trendy : belle hauteur sous plafond, quelques tablées avec banquettes confortables, éclairage d'ambiance, musique jazzy, et qui sert des plateaux fromage-charcuterie accompagnés d'un verre de vin. Notre choix porte sur celui qui permet de découvrir des produits locaux, et le serveur nous explique tout de par le menu - d'où ça vient, et dans quel sens déguster.

Après le dîner, il fait encore assez doux pour aller se promener by night dans la ville. Nous traversons le torrent par un pont de style "chic" vers le grand hôtel. Un panneau annonce sa rénovation. Fermé il y a une trentaine d'année, il appartient maintenant à la ville. Nous continuons notre marche lungo torrente et bouclons par un deuxième pont, beaucoup plus ancien et rustique.