Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

lundi 19 sept. 2022, 20:32

Passo Gardena ça ne veut pas

Lundi. Nous faisons le pari que la neige n'y survivra pas. Direction le passo Valparola (2192 m), celui situé juste au-dessus du Falzarego, avec dans l'idée de longer à pied le Setsass pour rejoindre le Sief (2424 m) et peut-être le Col di Lana (2452 m) voisin. C'est une randonnée assez longue, mais exposée entièrement au soleil, et avec un dénivelé raisonnable, puisque nous partons de haut.

Mais sitôt Partner garé près de quelques campers qui ont visiblement passé la nuit ici, nous déchantons. Le thermomètre de la voiture indique 1°C, mais le vent et son effet windchill donne une température ressentie bien inférieure ! Nous ne sommes pas assez chaudement équipés pour supporter ça. Le ciel est blanc, glacé. Que faire ?

Direction, le Passo Gardena ! D'ici là, le soleil aura peut-être le temps de se montrer, et nous aviserons. Puisque nous sommes peu pressés, nous commençons même par une escale à Colfosco, et un détour par le supermarché Conad, fournisseur officiel de pucce (le pain au cumin).

Arrivés au passo il faut, quelque soit le parking choisi, payer son écot. Une fois garés, nous commençons par un petit café au Rifugio Frara - ça réchauffe et donne accès aux toilettes. La randonnée commence par la montée tranquille au Rif. Jimmy puis se poursuit par le petit sentier bien sec et bien aménagé qui monte plus raide dans le massif. Deux femmes accompagnées d'un chien - évidemment non tenu en laisse - marche à notre hauteur. Le soleil est sorti, nous sentons peu le froid.

Nous atteignons rapidement la forcella de Cir (2469 m) où un bon nombre de randonneurs prend la pause. Nous franchissons la petite barrière qui ouvre vers le sentier menant au Jeuf de Crespeina (2528 m) mais là, malheur : entièrement à l'ombre, il est resté humide et est... entièrement gelé, sur toute sa (petite) largeur. Comme je ne suis pas du tout à l'aise sur le verglas, encore moins quand le sentier n'est pas plat et les abords vertigineux, un court essai sur quelques mètres me le confirme : ma conclusion est sans appel, je ne pourrais pas aller plus loin ! D'autres hésitent, certains s'engagent, la plupart équipés au moins de bâtons, d'autres peut-être sans rien - chapeau.

Forcella de Cir

En attendant, notre seconde tentative de balade est foireuse... En échec devant le sentier glacé du nord, il ne nous reste qu'à rebrousser chemin. Histoire de ne pas rejoindre la voiture tout de suite, nous poursuivons le chemin en hauteur du passo, pour arriver au panorama offert à l'arrivée du remonte-pente. Au fond, on apperçoit le Sciliar. Nous mangeons là, au soleil.

Sciliar

Que faire ? Il est encore tôt. Finalement, nous rentrons à l'hôtel : après tout ce froid, un petit sauna est bien tentant, et nous n'en avons pas du tout abusé cette semaine. Et là, bim : Milos nous demande si nous avons réservé. Hein ? Hey oui, nous venons d'entrer en très basse saison : désormais il ne fait chauffer qu'à la demande. Oh ? On demande.

Ce soir, nous retournons manger chez Maria de Voltago : après l'excellente et toujours trop courte soirée passée chez elle, on nous a promis des pizzas maisons par le fiston pizzaiolo. Bon manger et bonne compagnie, ce n'est pas le genre de chose qu'on refuse ! En plus, Milos nous a rancardés sur le cocktail que Bill son neuveu nous a servi : l'Americano. Selon Milos, c'est bel et bien moitié Campari (un amaro de Milano) moitié Martini rouge (un vermouth de Torino), mais il se sert normalement allongé à l'eau gazeuse (et non pas sur glace) et bien sûr décoré d'une rondelle d'orange, comme il se doit. Il peut être aussi « allongé » au Gin, c'est un peu plus violent et ça s'appelle un Negroni (du nom d'un compte florentin, le comte Camillo Negroni, qui a modifié ainsi la recette de l'Americano). Les vénitiens l'allongent quant à eux évidemment au Prosecco : c'est un sbagliato.