F.lla Cesurette via un nouveau sentier
Samedi. Ce matin, la neige est bel et bien présente en altitude : le seul pic visible depuis la fenêtre de l'hôtel est recouvert d'un petit manteau blanc. Nous faisons donc le choix d'une randonnée plutôt basse en altitude : le sentier qui part du fond du val de Taibon, vers la Forcella Cesurette. Maria nous a dit que cette large route non goudronnée avait été emporté par les alluvions de la tempête Vaia (ça remonte déjà à quelques années...), mais renseignement pris auprès de Claudio ensuite, lui nous a confirmé qu'un sentier qu'on trouve juste après Ponte permet de passer.
Nous voici donc en terre connue, et pourtant inconnue ! Ce sentier nous ne l'avions jamais emprunté... Nous nous garons au fond de Col di Pra, sur le petit parking face à la dernière maison de la commune. Nous empruntons directement le raccourci. Le temps est gris et les sous-bois humides, d'un vert presque phosphorescent...

Nous arrivons rapidement à Ponte, et trouvons facilement le sentier : il ressemble au racourci précédent. Notre progression est lente car nous prenons notre temps pour observer les plantes qui poussent autour de nous - nous avons dans l'idée de ramener quelques fruits si c'est possible. Un panneau indique la grotte de l'ermite San Lucano (qui a vécu là au Ve siècle et donné son nom au val), mais la pente est très raide et le temps de parcours indiqué, de 1h10... nous laissons germer l'idée qu'il faudra revenir pour voir ça. Nous arrivons dans une ancienne prairie, où se dresse la malga Stua, visiblement rénovée il y a déjà quelques temps.

Nous continuons notre chemin : derrière la prairie, la pente devient plus raide, et nous amène à traverser un torrent juste avant que celui-ci n'aille se fracasser en chute d'eau à peine 10 m plus loin, en contre bas - ce serait problématique si le niveau / le volume du torrent était plus important... pour l'instant, de gros caillou en rocher, ça passe ! Nous poursuivons : ça grimpe plus sérieusement, nous passons devant une pancarte « Col de le Giasene / mt. 1605 »... et voilà que nous retrouvons la mulatière que nous connaissons. Effectivement, plus bas elle a été emportée dans des glissements de terrain - il faut dire qu'elle croise plusieurs torrents et que l'endroit est abrupte. Bientôt nous approchons de Cesurette (1791 m) et voici surgit le Focobon.

Après une pause déjeuner à l'abri de l'ancienne malga, nous passons le col et redescendons un temps vers Garès, avant de bifurquer vers le fond du val. Hélas, il y a bien des framboisiers par millier, mais aucune framboise - elles auront gelé cette nuit, ou peut-être elles ont été mangées depuis longtemps. Pas de cueillette de fruits, nous rebroussons chemin alors que quelques flocons de neige virevoltent dans l'air glacial.
Par contre, nous nous attardons dans la prairie de la Malga Stua pour cueillir des achilées millefeuilles. Une fois les sommités fleuries triées et nettoyées, nous redescendons. En chemin, nous trouvons de magnifiques cynorrhodons que nous récoltons. Le temps est toujours aussi gris, et la fin de journée s'approche quand nous rejoignons Ponte. J'y remarque pour la première fois me semble-t-il, le curieux empilement géologique des roches le long du torrent.


Encore un effort, nous voici à la voiture, et hop nous filons directement au Super W d'Agordo - où nous croisons Emilio. Nous achetons immédiatement de la grappa : baies et fleurs tout juste cueillis se retrouvent rapidement en macération. Nous avons tout juste le temps pour arriver à l'heure chez Maria d'Agordo, qui ce soir nous a fait du risotto au safran suivi d'un second plat de viandes marinées... Au moment du dessert - du gelato ! - en me repositionnant sur ma chaise alors que j'avais un des chats sur mes genoux, CRAAACK : le dossier a lâché. Oups !