Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

mardi 13 sept. 2022, 20:32

Autour de Ra Gusela

Mardi. Toujours dans l'idée de pas se défoncer les jambes avec une balade à dénivelé trop important, nous choisissons un classique qu'on maîtrise : le tour de Ra Gusela depuis le Passo Giau. Depuis chez Milos, on vient quasiment en voisin, et comme nous nous sommes levés tôt nous sommes parmi les premiers à se garer sur le parking du col. Il est tout juste 9h, le ciel est bleu, sans nuages, les conditions s'annoncent idéales pour une belle journée !

Vers 10h30 nous avons déjà franchi LA montée en raidillon, et les jambes tout comme la cardio semblent tenir à peu près le coup - le petit « entraînement » (deux jours de marche) sur les côtes bretonnes d'il y a une semaine semble avoir joué correctement son rôle. En laissant traîner nos oreilles, nous constatons que les touristes du moment sont de catégorie internationnale, en particulier les américains. Pas loin de nous, un gars « typé » parle anglais avec sa guide. On dénombre aussi plus de français et d'espagnol que d'habitude paraît-il cette année...

Nous ne sommes plus très loin du rifugio Scoiatollo où nous nous attardons un peu pour la vue. Un grand troupeau de moutons encadré par trois bergers et deux fois plus de chiens patûre au pied de la funivia, c'est la première fois qu'on en croise ici. Nous longeons le troupeau, en visant plus ou moins l'habituel large sentier vers le rifugio Averau, et voilà qu'on se rend compte que ce petit sentier un peu plus bas qu'on est en train de suivre semble continuer vers un autre point, de l'autre côté de l'Averau. Allez, on essaie.

La Tofana di Rozès

Et nous voici exactement où nous pensions arriver (forcella Averau 2435 m) via le large chemin plus un bout de sentier vers le col Galina, mais ce nouveau sentier va nous permettre de boucler de manière bien plus variée cette balade. Nouveau ? Oui, nouveau : il n'est pas sur ma (vieille) carte Tabacco. Banco ! Il est indiqué « sentiero delle Trincee » sur OSM et a dû faire l'objet d'une réhabilitation liée au centenaire de la première guerre.

Il est encore un peu tôt (même pas midi), mais nous mangeons là-haut avec une large vue face à nous (Averau, Nuvolau, Giau, Civetta, Pore, Marmolada, rien que ça), mais aussi dans notre dos (Lagazuoi et Tofane) pour peu qu'on se retourne.

Le Passo Giau

Après avoir pris le soleil d'altitude (vêtus d'une polaire quand même, il n'est pas si chaud ce soleil), nous entamons lentement la redescente. Il est 14h à peine quand nous retrouvons Partner, et encore, sans nous presser.

Le monte Pore

Ok, il va falloir s'occuper, mais nous savons quoi faire : direction Colle Santa Lucia, chez le producteur de miel Agostino. Nous repartirons avec 12 pots (un pour chaque mois de l'année !), avec mention spéciale pour le miel de Tarassaco (pissenlit) que je nous n'avions encore jamais rencontré. Par contre, petite déception, les conditions météo particulières de cet été (chez eux aussi très chaud et sec) n'ont pas permis aux rhododendrons sauvages de fleurir.

Grâce à une affiche placardée sur les panneaux d'information de la mairie, nous découvrons le responsable des dégâts (déjà importants) aperçus dans la forêt : Ips thypographus ou bostrico un petit coléoptère endémique qui est passé en mode épidémique suite aux dégâts infligés sur les arbres par la tempête Vaia. Malheureusement, pas grand chose à faire d'après les services forestiers : quand les mélèzes montrent des signes d'infestation, les insectes se sont déjà envolés pour coloniser un autre arbre...

Il ne reste plus qu'à redescendre se réchauffer dans un petit sauna !