Route en mode compte à rebours
Jeudi. La maseria nous sert un solide petit déjeuner, avec pain, gâteaux, fruits et bien sûr, boissons chaude et froide. Après avoir réglé, nous quittons le sud pour de bon... alors avant de prendre l'autoroute, nous nous arrêtons à une dizaine de kilomètres de notre point de départ, nous faire un « pit stop fruits » dans la petite ville d'Andria. C'est certainement un des services que nous allons regretter le plus : des tomates cerises, des pêches, des raisins blancs et noirs, bon et à 1 euro le kilo... où peut-on trouver cela ailleurs que dans le sud de l'Italie ?...
Nous sortons d'Andria par les traditionnelles zones commerciales et industrielles, et une voie rapide plus loin, nous voici sur l'autoroute : Foggia, Termoli, Pescara, ... Comme à l'aller, nous faison un arrêt pause déjeuner à Giulianova de 13h à 14h - et hop, des courses au même conad, et hop, un pique nique face à la mer. Il y a toujours autant de soleil, seulement moins de gens à la plage.
Et on continue, on remonte l'Italie, pendant que Partner continue son compte à rebours : il nous menace de s'arrêter, cette petite enflure ! Nous avons beau savoir que nous arriverons dans les Dolomites avant les 1100 km autorisés avant arrêt complet et interdiction de démarrer, cela reste un brin stressant de voir ce message en permanence sur le tableau de bord.
Nous sortons de l’autoroute un peu avant Pesaro, et environ 5 heures de conduite. Nous avons prévu - une fois n’est pas coutume - de nous arrêter dans une aire pour campers située près de Fano, histoire de nous éviter le stress de trouver un endroit tranquille où dormir dans cette zone qu’on imagine facilement touristique et très habitée. Nous trouvons la « sosta camper il rospo » facilement et discutons avec le gérant : il y a un bloc sanitaire (parfait pour nous qui sommes en mini voire micro camper), la douche est à 50 cts, et l’arrêt de 12 heures à 12 euros. Il est encore un peu tôt (17h30) pour s’installer, nous nous garons juste en face dans l’idée d’aller voir la mer.
L’aire a l’air bien, mais son emplacement est excécrable - ou plutôt, très italien, selon la combinaison très commune : mer adriatique, voie ferrée, quatre voie, sosta camper / parking. Depuis le parking, un passage souterrain un peu glauque (comme tous les passages souterrains) permet effectivement d’accéder à la plage en passant sous la quatre voie... Mais à peine nous venons de claquer la portière de partner que nous sommes assaillis par de tous petits moustiques rapides et vicelards... des moustiques tigres ! Alerte ! Vite, de la citronelle (mais est-ce que la citronelle fonctionne sur ces saloperies ? Je dirais plutôt non...). Nous atteignons la plage juste pour constater que nous avons mis nos maillots de bains pour rien : aucune chance pour qu’on entre dans cette eau ! Les brise-lames trop proches de la petite bande de sable crade qui s’appelle plage ne laissent qu’une petite mare d’eau saumâtre. Beurk !
Vite, se réfugier dans partner. Faire la chasse aux quelques moustiques qui ont eu le temps de s’engoufrer dans la voiture à notre suite... admirer au passage leurs pattes striées - ou plutôt, eh oui, tigrées ! Et confirmer que ces petites saloperies sont sacrément rapides. Que faire ? Il est hors de question qu’on reste là ! Il faut trouver une alternative qui nous éloigne de ces bestioles, de la circulation, et même de la civilisation... L’application OSMand à la rescousse ! Antoine repère un certain Monte Gabicce situé à une dizaine de kilomètres de Pesaro, qui semble pouvoir rassembler tous les critères - avec en prime, toilettes publiques et point d’eau. Que demande le peuple ? C’est parti...
Nous traversons la ville de Pesaro, puis suivons la Strada della Romagna, et bifurquons vers le mont. Cela n’a pas l’air du tout d’être en dehors de la civilisation ! C’est même tout le contraire... D’abord, nous croisons ou dépassons de nombreux sportifs - coureurs ou cyclistes. Ensuite, une fois garés sur l’un des deux parking du mont, nous admirons certes la vue sur la baie - magnifique - mais aussi, cela nous avait échappé, le petit village très chic qu’est en fait Monte Gabicce ! Il se compose d’une place envahie de restaurants, de bars, de glaciers, d’hôtels, et quelques ruelles de maisons qui semblent bel et bien habitées par des « vrais gens ». Que faire ? Nous décidons qu’il est trop tard pour chercher fortune ailleurs, et décidons de faire avec la foule et l’attractivité du lieu. Ça promet !
Nous commençons par mettre en place nos lits - objectif, pouvoir se glisser dans partner ni vus ni culs nus quand il sera l’heure de se coucher. Un petit parc public en contre bas avec des bancs nous offre le gîte pour dîner ce soir. Quelques moustiques nous tournent autour, impossible d’être vraiment sereins, mais la densité de bestioles est malgré tout bien moins importante qu’en bord de mer. Le village est l’occasion d’une promenade digestive... mais même après notre tour, les restaurants ne désemplissent pas. Nous nous installons en terrasse et commandons une glace imposante - nous allons finir la soirée en fraîcheur, tout en commentant la tenue des touristes et autres passants. Une activité qui nous permet de nous distraire assez longtemps... mais qui finit par nous lasser. Allons nous coucher !
D’abord, s’assurer que le ticket de parking (payant jusqu’à minuit) permet de tenir jusqu’à demain sans se prendre une prune. Ensuite, entrer par partner par l’avant... rabattre le siège du milieu et se glisser subrepticement à l’arrière (se féliciter au passage d’avoir retiré la séparation métallique qui nous empêchait de le faire jusqu’à présent). Se changer tout en douceur pour ne pas faire de bruit ni attirer l’attention (ça c’est sans doute seulement dans notre tête : personne n’imagine qu’on puisse dormir là-dedans)... et dodo. L’endroit est encore un peu bruyant, mais autour de nous les voitures quittent une à une le parking. Le sommeil nous gagne avant que le silence ne s’installe...
11 vendredi : 7h debout : plus personne ! route : Ancona ... Padova ... Dols 6 h de route : A14 sortie Cesena, ss16 Ravena, ss309 Venezia, a27 Bellunno à 16h : Peugeot de Ponte nelle Alpi... jusqu'à 18h. RDV pris. Pas de Milos à l'Hôtel... Diner à Roudor. Nuit très chaude !