De Otranto a Uggiano
À quoi ressemble un beau dimanche de septembre à Otranto ? À une journée d'été. Nous rejoignons la plage située immédiatement au nord la ville. Il est encore tôt, mais sur la toute petite langue de sable, de nombreux plagistes sont déjà installés pour la journée. Même sur les roches calcaires trouées comme du gruyère qui s'avancent dans la mer, la surplombant d'à peine 20 cm, d'autres fixent leur parasol et alignent leurs chaises de plage.

À ce Lido La Castellana, nous allons pour la première fois goûter la température de l'eau... et elle s'avère largement assez bonne pour que nous nous laissions glisser dedans facilement. Profiter de la portance de l'eau, faire quelques brasses, faire la planche, ... et revenir se sécher sur la plage. Contrairement à nos voisins, nous ne restons pas bien longtemps : nous avons prévu de faire une petite randonnée le long de la côte rocheuse, sur environ 2 km.
Pour commencer la balade, nous devons revenir d'abord vers les terres, avant de trouver à nouveau un sentier qui ramène à la côte. À partir de là, nous remontons vers le nord et ne croisons que les plus courageux des plagistes, ceux qui passeront la journée installée sur ces étranges roches détritiques dont les matériaux qui les composent ne s'usent pas uniformément avec le temps. Le ciel et la mer sont d'un bleu unique, nous prenons notre temps et savourons ces petites criques - ou cala.


Arrivés à une petite crique qui sert de port, la Grotta dell'Eremita, nous repartons par les terres par la via Vicinale San Stefano. Retour à Partner, sous la chaleur écrasante. Un peu fatigués et à court d'idées pour savoir où manger, nous faisons finalement au plus simple : pique nique dans la voiture, garés dans une rue résidentielle très calme et ombragée par de grands arbres. Ensuite, nous reprenons nos pieds pour une nouvelle randonnée : nous rejoignons le port d'Otranto, et suivons la côte plein sud cette fois-ci. La côte est plus rugueuse - les falaises sont hautes, ici - et plus sauvage : pas de villas, pas de plage... mais malheureusement, tout le chemin gravillonné est envahi de voitures qui l'utilisentcomme parking gratuit pour aller se baigner ou manger à Otranto. Inutile de préciser que cela ruine passablement le charme du site naturel ! La randonnée prévue nous amène à une tour en ruines, et il était prévu de continuer jusqu'au lieu nommé Baia delle Orte, puis de revenir par une ancienne carrière qui aujourd'hui est comblée d'eau pour former un lac. Cependant, ce site ne nous enchante pas : nous bouclons au plus court et retrouvons Partner pour aller tenter notre chance plus loin. Plus loin, ce sera Porto Badisco - une minuscule plage sur laquelle s'entasse une foule bigarée. Impossible de s'arrêter : tous les parkings affichent complets en ce beau dimanche, et puis a-t-on vraiment envie de toute cette foule ? Plus loin, ce sera plutôt Uggiano la Chiesa : un petit village à deux kilomètres de là, dans les terres. Nous y avons trouvé de quoi nous loger pour la nuit : nous nous installons à la Masseria Gattamora. Les chambres sont meublées à l'ancienne, et nous avons accès à une grande terrasse. Un parc, une salle de restaurant magnifique et sa terrasse, ainsi qu'une petite piscine complète l'offre hôtelière avec goût et un certain style.

Une douche (qui comme toutes les autres, dysfonctionne : faible débit, mauvais écoulement, eau tiède capricieuse...), et nous voilà repartis : d'abord, visiter cette petite ville - qui quoique modeste, présente assez d'intérêt pour une petite promenade. En profiter pour boire une bière locale... ah non, la bière à la tireuse du bar s'appelle « Saint Benoît ». Qu'à cela ne tienne ! Nous nous fournissons par ailleurs en bière sarde (ichnussa) pour nos soirées. Nous découvrons aussi une fontaine à eau de source... 5 centimes le litre d'eau plate ou d'eau gazeuse réfrigérée. Quelle bonne idée ! Nous prévoyons de faire le plein le lendemain.
Avec le soleil qui décline, je tente ma chance pour une baignade en soirée à Porto Badisco, espérant que la foule se sera éclaircie... mais ce n'est absolument pas le cas : décidément, les plagistes sont particulièrement endurants en Italie ! Demi-tour, nous passerons donc la soirée à la Masseria. Après un dîner sur notre terrasse, nous descendons pour profiter du wifi de l'hôtel : il faut dire que nous ne savons toujours pas où nous dormirons le lendemain. Et que cette incertitude jour après jour commence à nous miner un peu : cela prend du temps de chercher la bonne adresse au bon prix... Nous sommes un peu tendus, mais parvenons finalement à trouver notre prochaine étape. Après plusieurs journées plutôt dédiées au tourisme « à pied », demain sera consacré au touring en Partner. Objectif : le bout du sud !