Monopoli, etc !
Jeudi. Après une nuit difficile, la luminosité du petit matin nous réveille. Qu'on se le dise, en vacances nous sommes matinaux ! En deux temps trois mouvements, nous voilà prêts à partir, et zou, nous allons nous trouver un peu plus haut sur la route un petit recoin où garer partner et petit-déjeuner face au soleil levant.


Au revoir Mattinata ! Nous espérons la revoir encore - une prochaine fois, une prochaine vie, à une prochaine, quoi ! Après avoir quitté le gargano vallonné, nous reprenons une route bien raplaplate qui longe à nouveau l'adriatique : la SS16. Nous découvrons de nombreux marais salants sur le chemin, et des dômes de sels près de Margherita di Savoia - nous ne savions pas que s'y trouvaient des salines.
Au niveau de Bari, nous rejoignons une voie rapide, mais pas pour longtemps : juste le temps de contourner cette grande ville. Nous arrivons bientôt à Polignano a Mare, jolie petite ville touristique sur mer. Sac sur le dos et appareil photo en bandoulière, nous voici prêts à faire les touristes : c'est officiel, les vacances commencent ici !



Ce n'est pas la cohue, mais nous ne sommes pas les seuls touristes, ni même les seuls français à traîner dans le coin, c'est évident. La mer d'un bleu profond, les maisons bâties directement sur la falaise, les estivants massés sur la toute petite plage de galets, le petit centre qui affiche un message « masque obligatoire »... pas de doute, c'est mignon mais c'est aussi un piège à touristes ! Après avoir apprécié les rares vues sur mer, nous arrivons rapidement à la conclusion qu'à défaut d'une balade en bâteau ou d'un resto touristique dans une caverne sous-marine, la meilleure des choses à faire est : un petit tour et puis s'en vont.
Nous poussons quelques kilomètres plus loin à une ville, une vraie, touristique elle aussi, mais qui vit aussi : Monopoli. Les rues de la ville classique sont classissimes : en quadrillage bien droits, tout comme les façades. Près du port, nous trouvons le « Parcheggio communale gratuito » où laisser partner, et continuons à pied vers la vieille ville. Là, ce ne sont plus que ruelles tortueuses où l'on peut se promener dans la fraîcheur de l'ombre, les yeux encore éblouis par les pavés et les façades de pierres blanches. Une jetée, un château, une plage, impossible d'oublier que la vieille ville est entourée par la mer.


Nous trouvons un petit restaurant avec une grande terrasse où manger sur le pouce une puccia. Un dernier tour, et nous voici repartis : direction plein sud vers Alberobello avant que le temps ne se gâte trop... Les nuages s'amoncellent, et plus nous entrons vers les terres, et plus ils sont menaçants. Le temps de trouver où se garer, d'approcher à pied vers le quartier historique de la ville où se trouvent les trulli, et voilà que l'abcès décide de creuver : violent orage dans les ruelles en pente, nous nous abritons rapidement sous un petit porche... celui de l'office du tourisme. L'endroit est tenu par un jeune homme qui ne sert plus à grand chose, puisqu'il nous propose d'utiliser booking ou un autre site pour trouver où loger ce soir. J'aurais pu arriver à la même conclusion sans son aide...
L'orage est déjà fini, et en quelques minutes le ciel est si bleu que sans l'humidité résiduelle sur le sol, on pourrait douter qu'il ait plu quelques instants avant. Sans compter que la chaleur du soleil fait maintenant s'évaporer les dernières pièces à conviction... C'est parfait une une promenade dans cet endroit incroyable.


Après quelques courses pour avoir de quoi dîner, nous avons rejoint notre adresse pour ce soir : la Masseria Casa Busciana, environ 6 km au nord d'Alberobello. La ferme fortifiée est un beau bâtiment, et l'accueil est très sympathique - à vrai dire, on voit bien qu'ils sont soulagés de voir que les deux petits français parlent italien !... La chambre, elle, est étrange mais correspond bien en fait à l'idée qu'on peut se faire d'une place fortifiée : la pièce est gigantesque et la hauteur sous plafond d'au moins 5 mètres, mais les fenêtres sont inexistantes ! À tel point que la porte - basse et trappue - a été munie d'une vitre pour apporter un peu de lumière. La salle de bain donne sur l'autre côté du bâtiment, avec une vue sur les étables et le hangar qui abrite le foin.
À la ferme, nous visitons la salle de traite, puis marchons un peu dans la campagne - pas bien loin, mais assez pour vérifier qu'il n'existe aucun sentier ici : au mieux, des routes goudronnées très peu fréquentées. Un sentier des acqueducs mentionné sur internet s'avère même passer en fait dans une zone privée interdite d'accès. Quelques truli, quelques maisons abandonnées aux terrains à l'herbe séchée par l'été et aux figuiers verdoyants donnent des idées passagères d'installation où l'on s'imagine sur cette terre rouge qui semble tellement prometteuse.
Ce soir, nous dînons face à notre chambre, installés dans un petit salon d'été placé sur la terrasse. Taralli, encore et toujours ! Ils ne peuvent pas nous lasser - oh, ils nous manquerons bien avant avant qu'on ait eu le temps d'en manger assez. Avant de quitter le sud de l'Italie, nous prévoyons déjà d'en faire quelques stocks !