Il fait moche
Être en vacances en montagne quand il fait moche, c'est vraiment moche : rien à voir, et donc, rien à faire. Ce matin, le temps est couvert : on prend quand même la voiture vers le Falzarego. Mais là, purée de pois, en plus on n'a pas la forme - les polpette du dîner d'hier soir ont peut-être du mal à passer ? Au Valparola, c'est pire - alors, allez, une fois n'est pas coutume : ce sera shopping à Cortina. J'y trouve une paire de Lomer dont je tombe immédiatement amoureuse.

Déjeuner sur une table pic nic, avec la vallée de Cortina en contre-bas... et on rentre par le Giau. Les deux sculptures sont terminées.


Comme le temps est toujours maussade, et qu'Antoine ne se sent toujours pas bien, 14h c'est la bonne heure pour une petite sieste. Comme pour ma part, je suis interdite de sieste, je prends la voiture et vais faire un tour à Taibon : en chemin pour le magasin de Dottor Bike, je croise un autre docteur - Gaston, qui promène son chien accompagné de sa femme ! Je commence donc par un peu de papotte.
Puis je marche : d'abord vers Peden, rendre une petite visite au jardin magique situé sur ses hauteurs, et continuer par les sentiers moussus - j'adore ces endroits, et heureusement ils sont intacts.

Au retour, je passe au plus près du torrent. Et là, mais c'est bien sûr : du houblon, il y en a partout, j'en vois partout ! C'est pas loin d'être la fin de la saison, mais tous les pieds sont en fleur et nombre d'entre elles sont encore bien vertes.

Alors je vais chercher un sac plastique à la voiture, et hop, cueillette de fleurs de houblon sauvage, pour la bière de cet hiver. L'odeur est mille fois meilleure que celle des pellets de houblon industriels ! Rien à voir. Je note dans ma tête l'emplacement des pieds - dans l'idée de revenir en chercher un ou deux... histoire d'en transplanter un peu chez nous.

Côté nord, on voit depuis le torrent que sur les hauteurs, la forêt ce n'est plus ce que c'était... Avant de partir, je pousse un peu vers le fond de val en voiture - à partir du niveau de la déchèterie, c'est tombé absolument partout, à droite comme à gauche de la route : une dévastation. Mais une fois de plus : una volta, ici, c'était des prés... pas une forêt. Comment s'appitoyer sur quelque chose qui n'a pas à être là ? Ceux qui vivaient ici avant avaient besoin de cette terre, de cet espace pour cultiver et faire brouter leurs animaux. Aujourd'hui tout le monde a meilleur temps d'acheter tout au Super W, et ces champs sont abandonnés - au moins depuis 1960... comment ce paysage pourrait-il encore ressembler à un endroit où vivent les hommes ? Il s'artificialise d'un côté (plus de maisons, de routes, de parking, ...) et est envahi par les arbres de l'autre. Il faudrait repenser entièrement le rôle de l'agriculture aussi bien en tant que nourriture qu'en tant que sculpteur de notre environnement.