Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

vendredi 13 sept. 2019, 21:32

Depuis Puez

Comme de bien entendu, le réveil en refuge est matinal. L'organisation du petit déjeuner est très militaire - on a un peu l'impression qu'ici, les tenanciers gèrent du bétail... On récupère donc au bar un plateau-repas pour le moins spartiate qui comprend une ration de pain, de confiture, et la boisson commandée - et ça, c'est la version luxe... wow.

Malgré tout, dès qu'on met le pied dehors, sac sur le dos et soleil levé depuis quelques minutes, la magie du réveil en altitude opère immédiatement : la lumière, l'espace, la tranquilité, ... Seuls quelques troupeaux de moutons peuplent la montagne - et un peu plus loin, c'est un groupe d'une dizaine de chamois qu'on voit passer sur les roches.

Panorama du matin

Vu de ces hauts plateaux, tout est assez loin : Alpe di Siusi, Sella, Marmolada, Civetta, ... Les massifs rocheux bien connus nous accompagnent à distance : l'ambiance est à l'isolement dans les étendues immenses. Sous ce beau soleil, c'est juste parfait. Notre parcours sur le sentier n°5 nous rapproche du Sassongher (2665 m) - dont je pensais faire l'ascension, mais vu de plus près, elle me fait beaucoup moins envie. Alors qu'on prend le soleil sur une pente herbacée, nous observons trois fous furieux qui grimpent et marchent à vive alure sur le sentier escarpé qui mène à son sommet !

Arrivés au petit col qui marque le début de l'ascension « sérieuse » du Sassongher, vers 11h, il est déjà trop tard pour être tranquilles : une foule de marcheurs nous assaille, débarquée par cars entiers - il y a même un groupe de colombiens, me semble-t-il - qui grimpent vers ce sommet plutôt accessible. Nous entamons alors la descente à contre-courrant, quand tous les autres se ruent sur la montée.

Plus bas, à la fin de ce tronçon du sentier n°7, nous arrivons à une petite chapelle à l'ombre de laquelle trois énormes moutons sont étendus - aux heures chaudes, c'est l'heure de la sieste, sans doute. Ils sont tellement trognons et pleins de poils que j'ai envie d'essayer de leur faire quelques gratouilles... Je m'approche, tend la main, et caresse un peu celui du milieu : ils me regardent faire paisiblement. Quoique ? Il ne faut que quelques secondes pour qu'ils se lèvent et m'entourent - quelles sont leurs intentions ? Est-ce qu'ils sont fâchés que je les ai dérangés ? Pas du tout ! Ils en veulent plus !

Mouton pot-de-colle

Alors gratouille, gratouille, gratouille : j'ai un mouton pot-de-colle accroché à moi, par la laine bien mieux qu'avec du velcro. Il adore ça, et il est tellement mignon que c'est difficile d'arrêter là. Je l'aurais bien embarqué avec moi ! Après avoir regardé sur internet, il semble que ce serait des moutons du Vallais, et qu'ils sont connus pour être particulièrement affectueux - en plus de mignons, cela va sans dire.

Nous continuons malgré tout la descente pendant quelques centaines de mètres vers un énorme chantier d'aménagement d'un nouvel établissement - restaurant ? remonte-pente ? un peu les deux ? - de cette zone dédiée aux sports d'hiver et qui dépend de Colfosco. Nous collons à la pente avec le sentier 4B, pour rejoindre « l'autoroute pour piétons » qui mène à un autre refuge accessible en hiver par remontée mécanique : ütia Forcelles. Nous y posons notre sac pour le déjeuner - grand soleil, parassol, bière et ravioles, le combo parfait.

Après quoi, le sentier n°8 nous ramène vers le Passo Gardena - et en chemin, qui voilà ? La jeune femme d'hier ! Nous nous saluons et discutons : hier, elle a décidément trop marché, en fait elle a même courru pour pouvoir rentrer avant la nuit ! Elle a bouclé depuis Selva par le Rio de Vallelunga jusqu'à la furcella de Ciampei, a grimpé jusqu'au Ciampac (où on l'a croisée), et est redescendue par le jëuf de Crespëina (là où il y a la croix) et s'est fait toute la vallée au pas de charge... Alors aujourd'hui, elle fait une balade beaucoup plus calme.

Le Sella vu des alpages d'en face

Nous vers 16h30, nous étions arrivés à la voiture - tranquillou billou. Restait à décider la suite du programme : direction, nos vallées. En voiture Simone, nous redescendons le Passo Gardena pour remonter vers celui du Sella, et nous engouffrer à nouveau dans le Val di Fassa. Après quelques courses à Pozza, nous quittons la vallée pour le Passo San Pellegrino : nous allons nous garer à son pied, près du Valfredda.

Avant que le soleil ne se couche, nous faisons une balade rapide - c'est-à-dire qu'on y va rapidement ! - pour aller voir l'enrosadira sur les hauteurs de Fuciade, qui donne une vue sur la chaîne des Pale di San Martino (en incluant Agner, Focobon & Co).

Focobon

L'embrasement n'est pas si spectaculaire, mais un coucher de soleil est toujours un beau moment. Sur notre chemin, nous croisons de chevaux à la pâture.

Chevaux

Après quoi, dîner-pic nic à l'avant de la voiture, et au lit à l'arrière.