Puez, une première
Depuis Antermoia, il n'y a plus beaucoup pour arriver à Corvara : nous y faisons quelques courses - entre autre, je n'oublie jamais d'y prendre de la puccia, le pain au cumin. Puis, direction le Passo Gardena où nous garons Partner pour 48h : objectif, nuit en refuge au Puez ! C'est un endroit où nous ne sommes jamais allés, car notre rando habituelle boucle bien avant de l'atteindre...
À 11h00, nous attaquons la montée depuis le Passo Gardena, mais à peine arrivés au rif Jimmy, voici que je me rends compte que je n'ai pas ma carte d'identité - sans doute nécessaire pour dormir au refuge ! Antoine retourne la chercher, et pendant ce temps je discute avec des français qui sortent de la remontée mécanique.
Voilà, c'est reparti. Le temps n'est pas magnifique, mais correct - il se lèvera petit à petit tout au long de l'après-midi. Vers 13h, nous arrivons au col surmonté d'une croix - c'est un de mes endroits préférés. Dans mon esprit, cette vue me fait penser au Grand Canyon - même si je ne l'ai jamais vu, et que pour ce que j'en sais, il n'y a pas de ressemblance ! Mais c'est comme ça : une certaine idée de l'immensité.


Nous déjeunons, puis amorçons l'ascension à proprement dite du Sass da Ciampac (2667 m) - un autre endroit fétiche dans mon histoire personnelle. En redescendant, juste après une petite glissade sur les fesses (mes chaussures de rando merrel ont dépassé leur date de péremption...), nous croisons une jeune femme très dynamique qui nous demande son chemin - elle semble faire l'inverse de notre trajet. Chapeau !

Nous arrivons bientôt à la zone jusqu'à présent inexplorée : la Furcella de Ciampei (2366 m) et à partir de là, l'alta via 2 vers la « Utia de Puez ». Quelques moutons mettent un peu de vie dans ces alpages d'altitude.

Nous arrivons au refuge vers 17h : 6h de balade sans se presser, cela voudrait donc dire 12h si on voulait faire l'aller-retour dans la journée... à moins de mettre le turbo, ce qui n'est pas notre genre : on préfère profiter et non pas courrir ! Au refuge, il y a du monde : je n'avais pas pensé que l'alta via était encore très pratiquée en septembre. Nous sommes installés dans un mini dortoir de 4 lits, et un autre couple (allemand) y posera effectivement ses sacs après qu'on se soit installés. Au fait, personne ne nous a demandé de carte d'identité.

Nous avons juste le temps de prendre une bière avant que le soleil ne disparaisse derrière la montagne, plongeant la terrasse du refuge dans l'ombre - il fait alors trop froid pour rester dehors. À 18h30, de toutes façons, c'est dinner pour tout le monde : un brouhaha de dingue, la salle est pleine, et nous passons tous commande sur une carte réduite : pasta ou saucisse-patates ? Pasta ! Autour de nous, ça parle allemand, et parfois anglais - en tout cas, c'est un environnement complètement inhospitalier. Pour une meilleure expérience, j'y penserais la prochaine fois : choisir un refuge ITALIEN en ITALIE avec des ITALIENS dedans !...
Dehors, le soleil se couche alors qu'on mange. Nous n'allons pas tarder nous non plus d'ailleurs, même si comme de bien entendu, les 10% qui restent debout sont les plus bruyants...
