Second chargement
Vendredi 7 avril, nous récupérons notre camion de location : un énorme Mercedes Sprinter rallongé... 15 m3 annoncés de chargement. Pour le plaisir, voici les données techniques annoncées :
- Longueur intérieure utile : 4.70 m
- Largeur intérieure utile : 1.75 m
- Hauteur intérieure utile : 1.92 m
- Charge utile : 1095 kg
- Hauteur hors tout du véhicule 2.82 m
- Nombre de places assises : 3
Nous voici repartis : l'étape Orléans, l'étape Pontarlier, et arrivée à Taibon le dimanche 9 avril au soir... nous avons osé tenter la route autrichienne du col le plus bas : le Brenner suivi du Passo Campolongo (1875 m) qui relie Corvara à Arraba. Le camion rugit dans les côtes mais passe malgré tout sans trop sourciller. C'est bon signe pour le retour, peut-être pourrons cette fois-ci passer par ici avec le chargement ?
Lundi matin, nous chargeons le camion grâce au diable emprunté à papa, avec dans l'ordre :
- la machine à laver, à tout seigneur tout honneur ! c'était l'élément le plus massique du chargement,
- le canapé d'angle autrichien dit "le carrapé" car les deux longueurs sont identiques : 180 cm,
- la table en bois massif autrichienne,
- le fauteuil "de la reine", c'est-à-dire notre grand fauteuil vert ikea,
- le fauteuil jaune,
- le petit kallax non démonté et ses casiers remplis à raz bord de petit b#rd#l,
- quelques cartons pour faire bonne figure et coincer deux/trois trucs,
- le grand miroir et quelques planches glissées le long du carrapé,
- les skis, au cas où la neige tombe encore un jour - nous ne les avons pas sortis du garage cet hiver...
- les deux matelas 160 x 200 cm par dessus tout ça,
- les sommiers,
- toutes les autres planches et montants de meubles démontés,
- notre échelle,
- les 4 vélos accrochés aux montants au-dessus des roues du camion, pédales dévissées à la clé anglaise de 15 et surtout en ayant forcé dessus comme un boeuf tellement elles étaient grippées, et roues avant démontées pour gagner de la place,
- les 3 coffres en bois, bourrés de fringues et babioles,
- les 3 rhubarbes mises pour l'occasion en pot.
On est bons ?... Il ne reste plus qu'à ajouter le sac de voyage, l'incontournable cake salé cuisiné maison avant chaque départ, et oui, on est fin prêts. Il est 20h : la bonne heure pour grignotter et s'écrouler de fatigue dans le dernier lit qu'on a laissé dans l'appartement... celui qui était déjà présent dans l'appartement à notre arrivée.
Le lendemain matin, j'ai bien sûr mal dormi, mais c'est normal. Comme on peut être trois devant et puisque nous ne sommes que deux conducteurs, nous réservons le siège du milieu à Singe Blanc qui pour l'occasion voyage avec nous - d'habitude, c'est lui qui garde l'appartement lors de nos déplacements. Comme la Merco lui plaisait, il a même fait office de troisième conducteur...

Vu le chargement qu'on juge conséquent, nous n'osons pas repartir par les montagnes, et descendons vers le sud pour rejoindre le Brenner via Sedico, Feltre et Trento : certes cela rajoute une heure de trajet, mais cela évite les virages en épingle, les pentes de 15% et en fin de compte les sueurs froides !
Après quoi nous suivons le trajet habituel : Innsbruck avec son arrêt à la station service de Hall in Tirol (où le diesel est en moyenne 20 cts moins cher que chez nous, et 40 cts de moins que sur autoroute : cela vaut bien les 5 km de détour !), le tunnel de St Anton (et ses 15 km à 80 km/h pour 9,50 € : une paille à côté du tunnel du Mont Blanc !), Feldkirch, le lac de WalenSee, Zürick, Bern, et enfin la sortie qui indique Besançon.
A la frontière pour Pontarlier, quasiment pas de queue : il faut dire nous avons déjà assez soupé des bouchons autour de Zürich, et le retard accumulé là-bas nous fait passer largement après les frontaliers à la douane, à presque 19h30.
A propos de douane :
-1- A l'aller, lors de l'achat de la vignette suisse, nous avons déclaré que le camion était vide. Le douanier nous a quand même demandé d'ouvrir, et a confirmé "effectivement, c'est vide."...
-2- Au retour, le premier douanier à nous arrêter est l'autrichien qui nous laisse sortir vers le Liechtenstein / la Suisse. En allemand, il nous demande ce qu'on transporte. Je réponds en anglais qu'on déménage d'Italie vers la France. Il a l'air de maîtriser tout aussi bien l'anglais que je maîtrise l'allemand, et insiste pour savoir si on a des "documents" (en anglais). Je comprends : "documents pour le chargement" et je dis "naaaan" genre non mais t'as déjà vu des documents pour certifier qu'on déménage ?! En fait il voulait certainement dire documenti c'est à dire papiers d'identité, comme les italiens... il nous a fait ouvrir le camion, a regardé le bordel d'un air blasé, a redemandé : "France ?... Rien à déclarer ?" (en français !) et nous a laissé filer.
-3- Dernier contrôle, à la frontière française. Plaque immatriculée 67, inscriptions Huper U de Combourg sur les flancs, fille aux cheveux bleus... le douanier nous a demandé ce qu'on faisait là et où on allait. On déménage, d'Italie vers Combourg - comme c'est écrit sur le camion. " - C'est où, ça, Combourg ?!" En Bretagne, voyons !... Circulez !
Voilà comment passer trois frontières avec un chargement de 15 m3 sans présenter le moindre papier d'identité. Faut dire que notre b#rd#l ressemblait effectivement à ce qu'on faisait, à savoir déménager, et qu'on n'avait pour de vrai rien à déclarer - même pas d'alcool (juste 3 litres) ou de trucs borderline niveau légal. On retiendra donc que les Douaniers connaissent leur boulot !
Soirée étape à Pontarlier, soirée étape à Orléans, et jeudi 13 nous voici arrivés en Bretagne vers 16h. La voisine anglaise nous a gentilment proposé un thé - quelle bonne idée ! - et nous avons déchargé le camion... Après déjà une dizaine de voyages, voilà à quoi ça ressemblait :

Néanmoins, à 20h nous avions terminé : tous les cartons en tas au rez-de-chaussée, et tous les meubles sortis du camion et rentrés dans la cuisine à coup de diable. D'ailleurs, j'ai bien cru ne jamais réussir à soulever la machine à laver pour la sortir du camion avec Antoine qui commençait à se demander comment faire ça tout seul, mais finalement ça a fini par passer - Antoine a certainement sorti les muscles et compensé !!...
Après quoi, nous avons sorti un sachet lyophilisé de risotto initialement acheté en prévision de la rando en autonomie d'octobre dernier... parfait pour ce soir aussi ! Suite à quoi un des deux chats de la maisonnée nous a fait savoir qu'il aimerait bien quelques câlins...

Mais pas de bol, la Grisou réputée pour son caractère "vieille fille", après 10 minutes de câlins sur mes genoux, a pris ma main gauche pour un mulot et l'a dépenaillée sévèrement, mordant à pleine dents et serrant bien fort pour presque deux ou trois secondes - le temps que je la chope de l'autre main...
Le lendemain, j'avais un saucisson à la place d'une main gauche, et il n'y avait plus qu'à se faire prescrire des antibios dose de cheval par un médecin généraliste de Combourg...

Les deux jours suivants, pour déballer et monter les meubles, il faut bien avouer que c'était pas très pratique !... Ensuite, cela a heureusement dégonflé et après 4 jours j'ai retrouvé une précision et une sensibilité à peu près normale.