Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

lundi 3 oct. 2016, 21:32

Changement de parc

Ce matin, les herbes sont encore givrées quand nous nous levons, à l'heure où le soleil est tout juste prêt à faire passer ses premiers rayons par dessus les montagnes. C'est un moment assez glacial côté température - où tout l'éventail de "l'attirail chaleur" y passe : polaire, doudoune, bonnet... -, mais chaleureux et magique pour les yeux.

Toiles d'araignée

Après un solide petit déjeuner accompagné de thé bien chaud, il est temps de quitter notre emplacement, aujourd'hui nous rejoignons notre prochaine étape, le parc de la Majella, tout en faisant un peu de touring.

A peine nous prenons la route SR479 avec Partner, que nous croisons un énorme lièvre sur la route, puis dans un autre genre, une grande statue de Jean-Paul II en bord de route. Intrigués, nous nous arrêtons : il s'agit en fait d'une source auquel le souverain pontife s'est là aussi désaltéré. Décidément ! Nous marchons à nouveau sur les pas de JP2 et ne résistons pas à la tentation de remplir nos bouteilles.

Nous continuons la route et nous arrêtons au charmant village de Scanno accroché à une colline : toits en tuilles, vieilles pierres, dédalle dé petites rues... nous flânons tranquillement.

Scanno

Malgré l'étroitesse des rues, des petits commerces tiennent encore le pavé, maraîchers, épiciers, ... Une biscuiterie à l'ancienne attire notre regard, et nous y achetons plusieurs biscuits tous à base d'amandes : d'énormes amaretti blancs, un grand "pain" de gâteau chocolaté farci de fruits secs, et deux cookies locaux glacés à une sauce chocolat. Mmm...

Scanno

C'est sur la route qui quitte la petite ville de Scanno par le nord que la vue vers elle se fait splendide - d'ailleurs, un panneau indique "rue des photographes"... La route s'enfonce ensuite dans des gorges : nous passons dans la Riserva Naturale Gole del Saggitario. Juste avant de tomber sur l'autoroute, nous prenons la direction de l'ouest - toujours sur la SR479 - pour rejoindre la ville de Sulmona.

C'est à priori une charmante petite ville, qui a même un palio imposant fin juillet, mais nous prendrons le temps de la visiter une prochaine fois peut-être... pour l'instant, nous ne nous arrêtons que pour quelques courses, et nous avons aussi grandement besoin de trouver des informations sur le parc de Majella.

Pour se dégourdir les jambes, nous nous garons dans le petit village tout proche de Badia-Bagnaturo, avec pour objectif une petite balade vers l'Ermitage de Sant'Onofrio al Morrone.

C'est à cette occasion que nous découvrons l'Abbazia di Santo Spirito del Morone, étrange construction mi-sacrée mi-civile, qui a visiblement été réhabilitée en bâtiment administratif et musée. Le hasard fait bien les choses, le Parc du Majella y a des locaux : nous tentons notre chance d'y glaner quelques informations... et c'est l'un des responsables (marketing ?!) qui nous répond et nous présente quelques parcours, tout en nous parlant des structures d'hébergement : seuls quelques sites de bivouacs au confort spartiate sont ouverts en permanence au public. Mais selon lui, on peut aussi bivouaquer en tente à côté si besoin.

Quant à l'eau, c'est visiblement une denrée rare dans le parc, mais il nous indique quelques sources non déclarées en les pointant sur sa carte - d'ailleurs, des trois cartes 1:25.000 que nous verrons en tout, pas une n'indique l'ensemble des sources... il nous faudra toujours recouper les informations pour parvenir à nos fins.

Maintenant que nous avons décidé de notre itinéraire des trois jours à venir - et en particulier, décidé de ne pas commencer depuis ici la balade itinérante du parc par un premier sommet, mais de contourner ce dernier en voiture pour démarrer plus loin, plus tranquillement -, nous prenons notre pause déjeuner au soleil, avant d'aller visiter l'Ermitage qui faisait l'objet initial de notre venue... Il faut une quinzaine de minutes d'ascension pour l'atteindre depuis la fin de la route.

Près de Sulmona

Le bâtiment est fermé, et nous ne pouvons qu'apprécier de loin sa position à flanc de falaise. La vue porte loin sur la vallée, mais elle n'est pas très heureuse : autoroute, industries, entrepôts, champs de panneaux solaires, prison, et même... les baraquements d'un ancien camp de concentration !... où ont été enfermés des soldats anglais et sud-africains capturés pendant la seconde guerre mondiale.

Contre l'avis de Google Maps qui veut nous faire passer par le nord, je décide de prendre la route vers le sud, pour contourner le Monte Morrone (2061 m) par une zone qui me semble plus touristique. A peine 10 km plus loin, une première route vers le village de Pacentro est interdite à la circulation, et nous devons emprunter la route suivante, un peu plus longue, pour l'atteindre.

Pacentro

Le village est mignon et la lumière magnifique, ce qui nous permet d'en prendre plein la vue mais aussi de ramener - à mon sens - la meilleure photo du voyage... Pourtant, en fin de village, la route SR487 est elle aussi interdite à la circulation, pour risque de chutes de roches (rischio caduta massi). Cela ne nous arrange pas, mais alors pas du tout ! Avant de baisser les bras et faire demi-tour, je demande à un vieux monsieur qui passe par là si la route est "vraiment" coupée - vous en conviendrez qu'on commence à s'italianiser peut-être un peu trop...

C'est magique, le monsieur répond exactement ce qu'il nous fallait savoir : il hausse les sourcils et les épaules d'un air complice et un brin résigné, fait tout retomber dans la seconde d'après, et déclare : si vous faites le tour, cela va vous prendre tellement de temps... la route est fermée, mais vous pouvez passez : allez-y doucement, ils ont placé les blocs de manière à ce qu'on puisse passer...

Alors, on le remercie chaudement, et roule ma poule ! Après seulement quelques virages, la route n'est pas engageante : non entretenue depuis plusieurs mois (années ?), elle est grignottée de chaque côté par une végétation envahissante qui recouvre la chaussée sur une bonne moitié de mètre par endroits. Nous arrivons rapidement à un chantier, où les gars discutent avec un scooter arrêté près d'eux... je leur demande si je peux passer, et ils acquiessent avec un petit sourire fataliste. Nous croiserons deux autres voitures sur cette route défoncée, dont le bitume s'est fracturé, soulevé ou effondré sur de nombreux passages... mais qui reste effectivement passable.

Nous rejoignons sans encombre la SS487, en bien meilleur état, dépassons le Passo San Leonardo, un autre beau village accroché et deux autres villages à la mine un peu triste, et atteignons notre destination : Caramanico Terme. Le centre d'informations du parc y est fermé, nous devrons y revenir le lendemain pour - d'après les panneaux - y demander une autorisation pour passer à travers la réserve naturelle de l'Orfento...

En attendant, c'est déjà la fin de la journée : nous poussons jusqu'au village de Decontra. Bonne surprise, on y trouve une ère de pic nic et une fontaine : nous garons Partner près d'une chapelle toute proche, et hop, ce soir nous cuisinons une soupe de nouilles japonnaises sur notre four en cire de bougies.