Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

dimanche 2 oct. 2016, 21:32

Abruzzo : Val Fondillo et Camosciara

Sans surprise, nous nous sommes réveillés sous la pluie... heureusement, elle s'est calmée puis arrêtée vers 10h ce matin : le temps d'étudier la carte au café, et nous pouvions sortir nous promener - en Kway cependant, car les prévisions n'étaient pas en faveur du sec.

Nous avons commencé par un petit tour dans le valle Fondillo, qui s'étend au sud d'Opi, et qui est réputé pour ses ours. Il va sans dire que nous n'avons pas vu d'ours, mais une aire de pic nic avec barbecues (encore, oui), quelques chevaux en pâture et un groupe d'une vingtaine de promeneurs du dimanche. Nous avons poussé le sentier F2 jusqu'à un refuge sans nom (1200 m), puis sommes retourné sur nos pas.

Nous avons retrouvé Partner et la petite dizaine d'autres voitures garées là avec un petit papillon : on nous priait de bien vouloir payer les 3,50 € de parking. Nous nous sommes exécutés auprès du restaurant voisin qui gère la zone, et avons retenu la leçon : quand la montagne est aménagée en parc touristique, elle devient payante.

Du coup, au parc suivant, la Camosciara, nous nous sommes carrément garés sur un bas côté de la route, comme un autre crevard de notre espèce... et effectivement, en entrant dans ce parc soit disant naturel, nous avons compris immédiatement qu'il s'agissait plutôt d'un parc à touristes : grandes étendues de gazon, tables pic nic payantes, locations de vélos, parc de jeux, et panneaux avec des listes d'interdictions et recommandations longues comme le bras.

Entre autre, il était écrit noir sur blanc que les jeux pour enfants devaient être utilisés de manière "raisonnable"... et sur les barrières branlantes, un simple écritaud "ne pas s'appuyer" suffisait visiblement à ne pas les changer - il faut dire qu'elles protégeaient d'une chute dans un ravin. C'est à se demander si les gestionnaires du parc ne prendraient pas les italiens pour des cons !?...

Nous avons d'abord pic niqué sommairement au bord de cette zone de tristesse mercantile, puis avons parcouru la route en bon goudron qui conduit jusqu'au fond du val. Sur tout le chemin, on essaie de nous "vendre" le site comme le lieu d'où la sauvegarde des chamois est partie, en 1922.

Au bout du goudron, un bar, et une mini balade pour aller voir deux casacades qui n'ont rien d'éblouissant : Tre Cannelle et delle Ninfe. Sur notre retour, la pluie commence à tomber, mais nous bifurquons quand même sur le chemin G4 pour nous enfoncer un peu dans la forêt. Et là, c'est le drame !

Boue

Les sentiers sont très humides, mais surtout, complètement défoncés par les balades à cheval. Tous les 10 mètres, il faut traverser comme on peut des gués de boue, puis peu à peu les choses empirent : ce sont des tronçons de dizaines de mètres à la suite transformés en bourbier. Sur certains passages trop glissants, la situation est catastrophique, on risque d'y laisser l'intégrité de nos pieds... voir plus en cas de glissade.

Boue

Vous connaissez cette étrange sensation, quand votre pied cherche à s'éloigner du sol, et que la chaussure n'est pas d'accord ?... Qu'elle reste embourbée, et que pour un peu, en forçant un peu, votre pied en chaussette pourrait en sortir, laissant derrière lui la chaussure collée au sol ?...

Seule une rencontre inattendue a égayé un peu cet après-midi : en chemin, nous avons surpris dans la forêt une famille d'une petite dizaine de sangliers, dont la moitié composée de jeunes marcassins, et avons eu le temps de les voir partir au galop en grognant.

Nous sommes enfin revenus à l'esplanade via le sentier I2, et la pluie s'est arrêtée de tombée. Après cette balade décevante, nous avons refait un plein d'eau à la fontaine de Civitella, et avons quitté la zone sans demander notre reste : direction plein nord. Nous avons dépassé le Passo Godi et bivouaqué dans Partner à la limite du parc, près d'une baraque ANAS abandonnée.

Le lendemain matin, ce sont les aboiements des chiens des chasseurs qui nous ont réveillé...