Dolomiti Geeks

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature.

mercredi 28 sept. 2016, 21:32

Jour J pour les Abruzzes

Voici quelques temps déjà (et c'est un euphémisme) que nous préparons notre départ pour passer quelques jours de vacances un peu plus dans le sud, dans le parc national des Abruzzes. Je dis "le Sud", mais ici, en Italie, on vous dira que c'est le Centre... tout est une question de point de vue, quand pour nous, même les Dolomites sont déjà pas mal au sud ! ;-)

Qu'il y avait-il à préparer de si long ? Eh bien, déjà, notre itinéraire. Objectif numéro un : voir des animaux ! Mais nous avions envie aussi de faire de la rando itinérante en autonomie, et mine de rien trouver des randos où on puisse bivouaquer comme des sauvages, loin des villages, ça nous a pris un peu de temps...

Ensuite, la logistique : que mettre dans un sac à dos pour "survivre" loin de la civilisation pendant quelques jours ? Heureusement, nous commençons à être bien équipés, mais d'autres sujets demandaient un peu de préparation, et parfois même de faire preuve de patience.

Par exemple, le Micropur : c'est un produit à base de chlore qui permet de purifier l'eau, et c'est fichetrement utile pour alléger le sac à dos, vu qu'il est impensable d'emporter chacun les 2 litres d'eau de chaque jour d'itinérance !... Or, mauvaise surprise : on s'est apperçu un peu tard qu'il était impossible de se le procurer en Italie. Impossible. Ok, on a réglé le problème à coup de commande sur Amazon, mais entre la météo moisie et l'attente du produit miracle dans notre boîte aux lettres, de l'eau (non potable) a passé sous le pont de Taibon !

Un autre sujet qui nous a un peu mis dedans, ce sont les cartes de randonnée... Car pour randonner, rien de mieux qu'une carte 1:25.000 de la zone. Nous les avions commandées à une librairie spécialisée dans les voyages - ce sont eux qui organisent les cours du soir à Sedico. Les cartes étaient sensées arriver sous 48h... en fait elles ont mis plus d'une semaine ! Et dès qu'elles sont arrivées, quand on a voulu aller les chercher - un samedi -, alors qu'il ne restait que très peu de jours avant notre départ, la boutique était exceptionnellement fermée ! Or les récupérer commençait à devenir très urgent...

Heureusement, ils ont été très arrangeants, et ce mardi midi, jour de notre départ, ils ont spécialement ouvert leur magasin quelques minutes juste pour nous, le temps de nous remettre les cartes. Nous étions alors fin prêts, avec tous nos sacs dans Partner : après cette escale à Sedico, nous avons tout simplement continué notre trajet vers le sud, avec comme objectif une première étape une soirée en famille à Dogato.

En chemin, nous avons fait une halte déjeuner du côté de Cornuda, où nous avons testé notre réchaud à base de cire... l'enseignement a été concluant : comme annoncé, ça salit effectivement beaucoup la gamelle (elle était noire de suie, et il a été impossible de lui faire retrouver sa couleur inox de toutes les vacances), par contre ça chauffe plutôt bien - nous avions amené un reste de boeuf-carotte. Par contre nous n'avions pas pensé à réaliser un trépied où poser la gamelle, alors quelques débris de parpaing trouvés sur le parking où nous avons "cuisiné" ont fait l'affaire...

C'est le cousin qui nous a accueilli pour le dîner (son ragu et sa conversation sont tous les deux excellents !) et hébergé pour la nuit. Nous avons aussi papotté avec Sonia et Giancarlo qui sont venus nous voir chez lui... Le lendemain matin à la Macelleria, il nous ont même largement pourvu en saucisson (maison !) et fromages, les seuls aliments qu'il nous manquait pour notre expédition. Ce qui fait qu'à chaque repas des deux semaines qui ont suivi, nous avons à chaque fois pensé à eux ! La reconnaissance du ventre... :-)

C'est mercredi, donc, que nous avons vraiment pris la route, et traversé l'Italie : sans prendre l'autoroute mais malgré tout sur une voie rapide au début, via Ravena, Perugia, Terni et Chieti, puis sur des routes de plus en plus petites vers Avezzano et finalement le Parc National des Abruzzes, Lazio et Molise.

A 17h, nous étions à Pescasseroli : nous avons tenté notre chance à l'office du tourisme (fermé), puis avons visité le village, qui fait penser à une petite ville coquette malgré la montagne autour - un peu comme Malcesine sur le Lac de Garde.

Sans plus d'informations sur les campings encore ouverts, nous avons continué notre route, dépassé Opi, et sommes arrivés dans la région de Civitella Alfedana. Ses campings étaient bien sûr fermés. Nous avons poussé jusqu'au village de Barrea, et longé son lac sur toute la rive sud sur une piste en gravier pour rejoindre le camping Cole Ciglio... mais il était bien entendu lui aussi fermé.

La nuit commençant à tomber, nous ne nous sommes pas posé plus de questions : nous avons garé Partner sur le côté de la route, avons avisé un pré tout proche, et y avons planté Hubba Hubba (notre tente ultra-légère de trekking). Un rapide dîner dans Partner, puis au lit... où nous avons entendu toute la nuit aboyer les chiens et... bramer les cerfs !

Le lendemain matin, après que la brume qui recouvrait le lac se soit dissipée, le ciel était au bleu fixe. Nous avons tout remballé dès le lever du soleil, vérifié le paquetage, fermé Partner, et voilà : c'était parti pour 3 ou 4 jours de rando en autonomie.

Barrea