Road Trip français
Ce mercredi matin, après une soirée intense de brainstorming, nous visitons avec Christophe le centre ville d'Aix-en-Provence. Après quoi, nous prenons la route : notre prochaine destination est Bordeaux.
Notre itinéraire nous fait découvrir des lieux et des situations qui nous sont assez inédites... D'abord, nous rejoignons l'A55, qui nous fait longer l'étang de Berre (c'est moche !) que le vent violent fait moutonner : des vagues écumantes viennent même s'écraser jusque sur le pare-brise de Partner. La 4 voie prend le nom de N568 pour passer par Martigues et Fos-sur-Mer, qui vues d'ici sont juste des énormes dépôts de carburant (c'est moche !).
C'est alors que le trafic bloque soudainement. Nous franchissons les quelques centaines de mètres suivant en roulant au pas, nous approchant dangereusement de grosses fumées noires qui s'élèvent au loin... ah, banco, nous allons traverser les fumées ! Nous fermons les écoutilles, et espérons ne pas être arrêtés par le bouchon en plein milieu du chaos... de chaque côté de la route, les pompiers s'affairent pour éteindre un incendie de bousailles qui menace des habitations, mais personne n'a encore pensé à fermer la route. Ouf, nous sommes passés, et ça roule à nouveau.
Plus loin, petite pause carburant, et nous nous rendons compte que le vent ici souffle facilement dans les 100 km/h ! Et contre nous... La route nous fait passer près d'Arles, puis bifurque sur des départementales qui longent la Camargue : nous faisons donc une pause au Gruau-du-Roi, face à la mer.
Après Montpellier, l'A75 nous fait traverser les Grands Causses - nous ne la quittons vers Millau pour éviter le péage du célèbre viaduc - très bel ouvrage que nous admirons bien mieux d'ailleurs depuis le fond de la vallée ! Nous voyons défiler Rodez, Decazeville, puis Figeac (et beaucoup de campagne entre ces villes...) et c'est à Gramat que nous décidons de nous arrêter pour la nuit.
Nous repérons une petite route sur une application de l'iPhone, et hop nous nous enfonçons dans les bois... nous y croisons un GR indiqué comme étant un itinéraire de St Jacques de Compostelle, et nous garons juste à côté. Un plaid étalé sur l'herbe, et nous voilà à table pour le dîner.
Le lendemain matin, nous nous réveillons tôt et allons prendre notre petit déjeuner face à un panorama splendide situé à moins de 10 km que nous avions déjà pratiqué en juin : Rocamadour. De quoi se mettre en apétit !

Notre itinéraire nous amène ensuite à proximité du Bugue, où nous avons RDV avec un agent immobilier pour visiter deux petites bicoques avec vaste terrain, mais aucun ne nous plaît, nous passons notre chemin et continuons à rouler : Bergerac, Libourne, et nous voici arrivés à Bordeaux.
Là, nous allons passer 6 nuits : du jeudi soir au mercredi après-midi, nous seront chez Vincent, le frère d'Antoine. Nous y retrouvons Marie et Julien qui sont descendus eux aussi pour leurs vacances, et notre emploi du temps va se composer essentiellement de plage, pétanque et jeux de société, mais aussi : démolition d'une cabane en bois, voyages à la déchetterie, assemblage d'une nouvealle cabane en PVC, et... cuisine ! Sans oublier la minute culturelle : la visite de la maison musée (restaurée dans les règles de l'art) de la Cité Frugès, bâtie en 1926 par Le Corbusier.
Le temps passe vite quand on s'amuse, et nous voilà bientôt à nouveau sur la route... ce mercredi soir, nous dormons à Châtelleraut, qui nous permet de couper la route. Nous dînons dans un parc où se situe un lac sobrement baptisé... "Le Lac", puis après une recherche assez vaine d'un emplacement sympathique où dormir, nous jetons l'éponge et nous arrêtons en bord de route en rase campagne, à proximité du lieu-dit Le Fenet.
Le lendemain, nous reprenons la route, mais pour une journée de touring. Notre premier arrêt sera à Sainte-Maure de Touraine, pour une pause chèvre ! C'est incontournable pour les amateurs de fromage, et ce sera à la ferme de La Haute Piltière.
Puis direction Azay-le-Rideau, où nous arrivons juste bien pour suivre la visite guidée. Nous savons bientôt tout des grandeurs et décadences des commanditaires du château - qui étaient des financiers véreux de la Couronne, malheureusement pour eux : pris la main dans le sac.


Vous remarquerez sur cette photo le symbole de la Bretagne, en l'honneur de Claude de France qui par son mariage à François Ier rattache son duché à la France. Mais surtout, le détail qui tue : l'escalier est bâti en intérieur - contrairement à la majorité des autres châteaux de la Loire, qui le mettent en scène à l'extérieur -, et il donne sur de grandes ouvertures, comme c'est pratiqué à l'époque en Toscane, dont on s'inspire. Sauf que le climat étant plus frais, ces logia ont été fermées par la suite ! Maintenant que le château est non plus habité, mais seulement visité, leur état originel a été restauré.

Toute une aile du château ainsi que son donjon étant en travaux, il faudra revenir à partir de l'année prochaine si on veut l'admirer en entier. En attendant, c'est pic nic au bord de l'Indre, puis nous partons pour Villandry.



Eh bien, c'est à vrai dire un jardin pour maniaques ! Chaque petit carré est rempli par la même essence - choux, poivrons, aubergines, ... - pour lui donner une couleur uniforme, qui est alternée pour respecter une parfaite symétrie à l'intérieur du grand carré.
Le résultat est à la fois beau mais un peu "froid"... ça manque de fantaisie, tout ça ! Le château quant à lui est resté dans le jus de son acquéreur espagnol d'il y a plus d'un siècle - il apparatient toujours à sa famille. C'est à dire : décoration et collection de peinture essentiellement espagnoles - complètement initéressant (à part peut-être pour les touristes espagnols ?) et hors contexte dans cette région de châteaux renaissance.
Après un petit arrêt "dégustation" de Vouvray à... Vouvray (et forcément, achat de quelques bouteilles pour la cave), nous terminons la route de la journée par Orléans pour faire un petit saut aussi chez mes parents. Après une escale de deux nuits, nous reprenons la route samedi, pour rejoindre Pontarlier, puis dimanche, nous traversons la Suisse : nous passons par Davos, qui est notre route officielle estivale désormais, et nous arrêtons pour la nuit à proximité de Glorenza, à un emplacement déjà testé et approuvé précédemment.
Le lendemain, nous sommes enfin rentrés chez nous pour découvrir que le potager, loin d'avoir souffert de notre absence, nous a gratifié de deux énormes courgettes. Jugez plutôt !

Nous avons aussi récolté un énorme saladier de haricots, et avons à nouveau assez de roquette pour en manger chaque jour de la semaine à tous les repas... o.O