Au Mercantour
La nuit a été fraîche, et Partner annonce 6°C ce matin, à 7h. Il est encore tôt, mais il est temps d'attaquer la journée qui s'annonce longue.
Une fois le petit déjeuner avalé, nous reprenons ce qui reste de route jusqu'au Col de la Cayolle. Cette fois-ci, nous sommes bel et bien dans le parc national... Nous garons Partner, et chaussons nos chaussures de randonnée. Le temps n'est ni beau ni moche, plutôt bleu même, et nous partons assez légèrement vêtus, presque seulement équipés de notre appareil photo : nous prévoyons de rentrer pour midi ou peu s'en faut.
Il est 8h, c'est parti ! Nous attaquons en montée tranquille vers le Col de la Petite Cayolle (2639 m) d'où on voit un premier lac d'altitude. Il y a très peu de randonneurs à cette heure-ci, et nous rencontrons quelques centaines de mètres plus loin trois chamois qui broutent tranquillement à moins de 50 m de nous. Ils semblent nous avoir vu, mais malgré la faible distance, ils s'en foutent royalement, pas gênés. Ici cela a l'air trop facile de faire de la photo animalière ! Mais nous n'oserons pas nous approcher beaucoup plus d'eux (nous n'avons pas trop le temps non plus, et puis... on n'a pas pris de téléobjectif !).
Nous continuons donc avec une belle descente sur un sentier en zig zag qui reprend ensuite une pente très douce dans le flanc de la montagne. Ici, les sentiers nous paraissent bien "plats". Au dessus de nous, quelques roches que le soleil a du mal à mettre en valeur. A nos pieds, une forêt de mélèzes soient desséchés, soit malades... ils sont bien tristes en tout cas. Nous suivons les indications pour le lac d'Allos, que nous atteignons en 1h30 au lieu des 2h indiquées. Là, le paysage est enfin un peu digne de ce nom !

Le lac est immense, c'est le plus grand lac d'altitude d'Europe, une cinquantaine d'hectares si ma mémoire est bonne. Nous arrivons par le sentier qui mène à une petite chapelle aux murs tapissés de nombreux ex voto, et bien sûr au refuge. Il est maintenant 10h, nous choissons d'allonger la balade et de faire le tour du lac, d'autant plus qu'à sa proximité, nous avons déjà vu une dizaine de marmottes indolentes qui prennent le soleil sur les rochers... elles non plus, n'ont pas l'air bien craintives !
Le temps de tourner autour du lac, et en une heure de temps il n'y a pas que le panorama qui change : le temps tourne aussi. Si bien qu'à la fin, on se demande si on ne serait pas en train de randonner en Ecosse ! Difficile de croire qu'on est au même endroit.

Quelques gouttes commencent à tomber, et il est déjà 11h : par précaution, nous décidons de repartir sur nos pas plutôt que de tenter une variante par les hauteurs dont on ne connaît pas le temps de parcours (il faudra la faire un jour...). Autour de nous, certains sortent les parkas, k-ways ou capes de pluie. Nous jouons les durs et continuons en t-shirt... ok, c'est surtout parce qu'on n'a pas amené nos k-ways ! :)
Trente minutes plus loin, ça ne rate pas : on se fait copieusement saucer, mais très brièvement : 20 secondes de grêle et moins d'une minute de grosses goutes, et ça se calme, puis s'arrête. On attaque la montée de la Petite Cayolle, mais arrivés en haut du col, nous ne sommes pas très optimistes pour la suite... il nous faudrait 30 minutes encore pour terminer la rando, mais le ciel n'a pas l'air très coopératif.

Alors nous accélérons et galopons dans la descente d'un pied sûr et rapide, doublant précautioneusement la file de randonneurs soudainement nombreuse, mais nous avons à peine le temps de descendre la partie la plus raide, que c'est la grosse averse ! La pluie est gelée, et nous enfilons enfin nos petits sweetshirts estivaux à capuche... les autres, quasiment vêtus comme pour une rando hivernale, doivent nous prendre pour des fous. D'autant plus que nous continuons à courir ! Jusqu'à ce que le terrain devienne trop boueux et glissant à notre goût... courageux mais pas téméraires. La pluie est plus calme maintenant, et Partner est en vue. Nous apprécions grandement de nous y sécher et de changer de tenue !
Voilà, il est 13h, et la rando dans le Mercantour : c'est fait. Il ne reste plus qu'à rejoindre Aix-en-Provence par les routes de traverses. Sur la route, nous découvrons que nous suivons le Var qui vient juste de prendre source, puis sur notre parcours toujours, nous traversons les gorges rouges du Verdon : extraordinaires !
A Saint-André-les-Alpes, nous prenons la N85, jusqu'à Chateauredon où nous enchaînons sur de toutes petites routes : D907, D953, D8... nous découvrons qu'il existe un label "Village étoiles" (sans doute pas trop difficile à obtenir pour ces petits patelins qui n'ont plus que 10 habitants et aucun éclairage public !), et passons près de Valensole, haut lieu de la photo de champs de lavande - mais en cette saison, ils sont presque tous récoltés, nous n'en verrons que très peu de violets.
Nous longeons la Durance quelques minutes seulement, mais juste au niveau du Pont Mirabeau, qui ressemble à une porte vers le Mordor !... Nous longeons aussi des paysages moins réjouissants : la centrale nucléaire de Cadarache, et son petit frère ITER...
Il est 18h, nous voici arrivés à Aix : nous venons y rencontrer Christophe, pour parler business. Et oui, c'était aussi un déplacement professionnel ! ;)