Ehrenberg
La route toujours, nous finissons de traverser l'Allemagne : Pirmasens, Landau in der Pflaz, et à nouveau l'autoroute... Karlsruhe, Stuttgart, Ulm, Memmingen, Kempten, ... les Alpes sont en vue droit devant, dans peu de temps c'est Füssen et la fin de l'autoroute - et de l'Allemagne.
Nous entrons en Autriche en début d'après-midi par la petite ville de Reutte, aux portes du Tirol : la route commence à peine à être sinueuse, et à s'enfoncer entre les montagnes basses... quand on avise au-dessus de nous une bien étrange passerelle !
Ni une ni deux, Antoine fait demi-tour pour trouver l'entrée du site : il s'agit du Chateau fort de Ehrenberg. Son style semble assez moyen-âgeux, il donne clairement dans la fortification, mais il n'en reste qu'une ruine posée au sommet de la montagne qui domine Reutte. A ses pieds, le départ de la passerelle.
Nous payons un triple écôt (parking 3 € la journée pour Partner, accès à la passerelle 8 € / personne pour nous), et grimpons jusqu'au Château, indiqué à 30 minutes (un temps de parcours estimé sans doute pour les enfants de 5 ans). Le temps est gris moche et semble menaçant, et cela donne au Château un petit côté scottish.

Après l'avoir exploré, nous passons au clou du spectacle : le pont suspendu. Il s'avère que c'est la passerelle pour piétons la plus longue du monde (406 m). Elle est suspendue à 114 m de haut... et elle permet de rejoindre Fort Claudia depuis le Chateau Ehrenberg : ils constituaient à eux deux la ligne défensive du Tirol pour la région.

Antoine, ça lui a fait ni chaud ni froid de marcher au-dessus de tant de vide, mais moi j'avoue que j'ai pas toujours regardé en bas et qu'il m'a fallu parfois un peu de concentration pour avancer !

Ce qui est pas mal (surtout si vous avez le vertige), c'est que les barrières sur les côtés montent à peine à 1,50 m ce qui fait qu'on profite bien de la vue ! Il n'y a qu'au-dessus de la route que le grillage de protection monte bien au-dessus de nos têtes, pour protéger les voitures de tout type de projectile qu'un imbécile pourrait balancer... même si vous pensez bien que c'est formellement interdit. A vrai dire, nous avons bien reconnu là l'Autriche : il y a une ribambelle de choses expressément interdites sur la passerelle, et un des pictogrammes a attiré mon attention.
Ah, ces autrichiens, quels blagueurs !...
Il était bien 17h quand nous avons repris la route, objectif : le lac de Vinshgau juste après le col de Resia, où nous espérons trouver un emplacement tout aussi sympathique qu'hier.
La météo se prête moins au jeu, et à peine entrés en Italie, il se met à pleuvoir... et une fois arrivés près du lac, il semble impossible de trouver un endroit à la fois calme et... pas interdit de stationnement la nuit !
Nous poursuivons donc la descente vers Merano, un peu tendus - tous les parkings sont inhospitaliers ! - et nous tentons notre chance près des villages de Burgusio, Malles Venosta puis Laudes, sans succès. C'est en revenant vers Glorenza qu'on trouve notre bonheur : un petit espace légèrement en retrait, au pied d'une colline, près des pommiers, et avec vue.

Il est temps de passer en mode nuit, puis de pic niquer de saussices autrichiennes... sous nos yeux, la nuit tombe rapidement sur les champs de pommiers, les lumières des villages s'allument, un petit train passe au fond de la vallée... ça m'a rappelé très fortement l'attraction Diorama à Efteling.
Cette nuit là nous avons à nouveau très bien dormi, malgré nos chaussures qui sentaient la mort, mais que nous n'avons pas osé laisser dehors à cause des prévisions de pluie...
C'est donc le lendemain que nous avons terminé la route en ajoutant encore près de 4 heures de conduite, cette fois-ci vraiment sur route de montagne : nous avons pu gentillement tester les capactités de Partner sur les deux cols traversés... gentillement, parce qu'il est encore en rodage. Mais franchement, je n'ai pas regretté qu'on ait investi dans ses 120 cv. :)