Les Mines de Val Imperina
Avec ce temps qui devient plus clément, il est temps de ressortir les vélos ! Pour la reprise, nous n'avons pas fait d'excès, avec un petit mix bitume et route forestière... direction : les Miniere !
Pour ceux qui ont loupé les 262 posts précédents et en particulier celui où je parlais du passé minier de la région, petit résumé : jusqu'au début des années 60, un gisement important de cuivre et d'argent était exploité à proximité d'Agordo, dans la "Valle Imperina", et ce depuis des temps immémoriaux : des documents du début du XVe siècle mentionnent son existence, mais elle aurait été en activité depuis l'époque romaine...
Le site a longtemps été géré directement par la Sérénissime qui y trouvait une activité à la fois lucrative et stratégique - au XVIIIe siècle, cette mine approvisionnait Venise pour moitié du cuivre nécessaire pour fondre ses canons en bronze. La mine a fait vivre jusqu'à 600 personnes vers 1800, auxquels on peut ajouter plusieurs centaines d'autres, pourvoyeurs de bois et de charbon, transporteurs, marchands... Pour ce qui est de l'histoire off the records, un voisin nous a dit que de nombreux mineurs étaient des prisonniers, et que les habitants de La Valle Agordina étaient spécialisés dans les postes de mâtons, chargés de la surveillance... Vous pensez bien que je n'en n'ai bien sûr pas trouvé trace dans les dépliants !
Le procédé d'extraction était particulièrement polluant, et a généré en particulier de l'acide sulfurique en quantité... des photos prises au début du siècle précédent montrent un val sans végétation, les arbres ayant été non seulement victimes de la déforestation nécessaire pour produire le charbon des fourneaux, mais aussi des pluies acides.

Notre promenade d'aujourd'hui prouve que même si la végétation a repoussé, le sol est toujours gorgé de matériaux pollués !

Parmi les 16 derniers bâtiments de la mine, de nombreux sont en ruine ou prêts à s'écrouler, mais d'autres ont été réhabilités - merci les fonds européens ! - dans une optique de conservation du patrimoine industriel.
Par contre, les deux puits fermés depuis 1962 s'écroulent rapidement et ne pourront plus être sécurisés pour les rendre visitables : le torrent Imperina s'écoule dans les galeries avec une puissance décuplée depuis que son eau n'y est plus évacuée mécaniquement par une grande roue, et elle ronge les poutres de soutainement. Le passé de l'Agordino s'enfouit profondément sous terre...