Une nuit au Colmont
Les prévisions météo, c'est n'importe quoi ! Ces derniers temps, il est bien difficile de s'y fier : elles changent du tout au tout en quelques heures, et rarement dans le bon sens, cela va de soi... nous sommes partis en misant sur le soleil annoncé, et nous avons perdu : nous avons fait une virée qui aurait pu s'annoncer magnifique, mais s'est révélée non seulement froide (ça, on s'en doutait) mais surtout passablement couverte.
Départ : Forcella / Rif. Lagazzon (1356 m)
Arrêt pour la nuit : Baita Colmont (1854 m)
Balade du matin : Lach dei Negher (2286 m)
En cette fin d'après-midi, nous nous sommes contentés d'une courte balade pour rejoindre la Baita Colmont : un joli petit abri en bois situé dans un pré sur les hauteurs de Caviola. Pour l'atteindre, il suffit de marcher une bonne heure depuis le Rifugio Lagazzon - qui lui, est accessible en quelques minutes de voiture depuis la vallée, en traversant Feder puis en prenant à gauche à Fregona.
A notre arrivée, c'est la déception : quelqu'un fait sécher ses vêtements à la fenêtre de la Baita... et moi qui pensait qu'en cette saison nous serions seuls ! Mais après quelques paroles, nous comprenons que le jeune homme ne compte pas rester pour la nuit. Il a un petit côté militaire très chic avec son calot et sa polaire verts, et pendant qu'il se prépare à partir, il nous racconte que son village de La Vallada est jumelé depuis 10 ans avec un village français : Lacenas (près de Villefranche, et dans les faits, jumelé avec Canale d'Agordo), et que cette année ils ont été accueillis en France. C'est amusant comme tout le monde a un petit quelque chose à nous dire, quant on annonce qu'on est français !
L'autre bonus, c'est qu'il avait fait du feu, et donc commencé à réchauffer un peu l'atmonsfère de la Baita, et ça, c'est vraiment une bonne nouvelle, parce qu'il commence à faire vraiment frais, et on s'attend à du 0°C cette nuit ! Nous prenons donc le relais du feu, et poussons un peu le poëlle - qui ne tire pas si mal -, avec quelques bûches laissées à disposition. En échange, pour renflouer un peu le stock, nous couperons à la hache quelques branches le lendemain matin.

Vers sept heures du soir, les nuages noirs laissent passer quelques rayons du soleil couchant pour une brève illumination des montagnes, en particulier de la Civetta, magistrale... le Focobon, lui, se contentera de quelques petites tâches de rouge. Après ce spectacle, nous rentrons vite nous réchauffer près du feu, et c'est à la lumière des bougies que nous dînons et sirotons un peu de Vov pour passer la soirée... Quelques heures plus tard, le vent a nettoyé littéralement le ciel, mais pas de chance : les étoiles ne se comptent que par centaines ! La pleine lune éclaire tellement qu'elle efface le reste du ciel.
Nous nous couchons vers dix heures sur les tables plutôt qu'à l'étage, pour profiter de la chaleur du poëlle. A vrai dire, nous sommes plutôt confortables, mais je n'arrive quand même pas à dormir...
Le lendemain matin, les nuages sont de retour. La bonne surprise, c'est qu'à quelques mètres de la Baita, Antoine croise un petit renard un peu surpris et curieux de se trouver nez-à-nez avec un humain.

Après un petit déjeuner composé de gênoises enrobées de chocolat - un truc tellement italien ! -, on attaque dans l'air frais matinal une montée d'environ 500 m de dénivelé vers le lach dei Negher. Nous espérons y croiser d'autres animaux sauvages, mais le cirque est désert... Un peu plus loin en direction de l'autre val, nous appercevrons de loin deux bouquetins et cinq chamois.

Avez-vous remarqué ? Le lac est pour moitié constitué de roches dolomitiques (blanches), et pour moitié de roches volcaniques (noires)... il ne manquerait qu'une petite avancée de pierres noires pour en faire une parfaite incarnation du symbole du yin et du yang !
En attendant, il fait froid ici, et nous n'avons pas envie de nous attarder : nous redescendons d'abord à la Baita pour récupérer notre paquetage, puis au rifugio Lagazzon pour récupérer schénic. Il est midi passé, largement l'heure pour aller dévorer un bon plat de pasta !
PS : les photos où Antoine ne figure pas... sont de lui ! ;)