Go SLO !
On a beau vivre dans des paysages de rêve, on a parfois envie d'aller voir ailleurs. Et là, ça nous a pris sans prévenir, alors que le temps fraîchissait et que notre esprit était encore à l'été... Notre méconnue voisine la Slovénie nous faisait de l'oeil, et finalement nous ne connaissions pas grand chose d'elle, à part ses forêts et ses ours...
Alors voilà, on a commandé la carte routière (parfois, je fais un peu les choses à l'ancienne, et le papier ça m'aide mieux à localiser qu'un bout d'écran zoomé - surtout quand les bleds ont des noms incompréhensibles comme en Slovénie !), et un guide Cicerone sur les randos dans le Parc National du Triglav (les petites alpes de type dolomitique locales), et sitôt reçus par la poste, sitôt on chargeait les sacs dans le coffre de schénic... zouh, c'est parti !
Parce qu'on est adeptes du slow, on a choisi de ne pas prendre les autoroutes : cela nous a valu quatre heures de trajet à travers la longue vallée du Cadore (de Longarone à Lozzo di Cadore), puis celle de l'Alta Val Tagliamento, dans le Frioul, pour passer finalement la frontière à Tarvisio, et d'atteindre notre première étape slovène : Kranjska Gora.
Le style de la petite ville est très pitoresque, avec un côté slave - l'est, quoi ! -, très soigné, et encore très rural malgré la présence évidente de toutes les commodités et technologies les plus actuelles - comme du wifi en accès libre à tous les bars et restos...
Après un pic nic au taboulé (notre petite marotte culinaire franchouillarde de l'été), nous avons commencé par aller voir un petit lac qui a la particularité d'être formé par de l'eau souterraine ressurgissant à la surface par des petits geysers - rien de spectaculaire, hein ! Juste une curiosité géologique rare.

Le site est sympathique, assez naturel malgré la proximité avec la route de la vallée... le principal inconvénient c'est qu'elle fait bien trop de bruit pour profiter pleinement du lieu. Je n'ose pas imaginer en pleine saison ! Bref, vous pourrez voir ici une photo un peu plus inspirante, la saison, la météo et le contre-jour ne nous ayant pas permis de faire mieux...
L'après-midi était déjà assez entamé pour qu'on ne se lance pas dans une grosse randonnée, alors nous avons choisi au pied levé dans notre très utile guide "The Julian Alps of Slovenia" (oui, en anglais, édité chez Cicerone - comme mes annuaires de balades et via ferratas dans les Dolomites !) une balade plus courte (indiquée à 3 heures de temps) dont le départ se situait à proximité : celle qui permet d'aller voir la "Martuljek Slap". Incompréhensible, je vous dis.
Alors, une "Slap", c'est une chute d'eau - et la Slovénie, c'est vraiment un pays d'eau ! Cascades, torrents, gorges, lacs... il y en a partout, et toujours avec un sentier et parfois même des installations pour aller les visiter au plus près. Il y a aussi beaucoup de grottes et de rivières souterraines, mais nous n'avons pas poussé l'aventure jusque là... la prochaine fois ?

En attendant, après quelques minutes à peine de marche, le chemin de cette balade nous a fait longer un torrent qui coulait au fond d'une belle gorge illuminée en contre-jour... après une belle flopée de marches et quelques ponts, nous avons pu admirer une première Slap de 29 m de haut, puis après un effort bien plus important (les sommets ont beau être moins hauts que par chez nous, mes jambes ont apprécié le degré de la pente, deux jours après notre montée au Bedin !), nous avons atteint la Slap principale, qui s'écoule sur 130 m, sur trois étages de chutes...
La fin du parcours comprenait d'abord quelques câbles et marches accessibles à tous, puis un câble qui aurait mérité un baudrier pour plus de sécurité au vu de l'exposition, et aussi deux mains valides... ce qui n'était pas mon cas : mon majeur gauche n'a toujours pas récupéré de sa rupture des ligaments, et est toujours enfermé dans son atèle. Il faudra revenir pour aller voir de plus près le 2e étage de cette immense chute !
Une fois retrouvée schénic, nous avons repris la route vers Bled : c'est le nom d'une petite ville et de son lac éponyme, tous les deux extrêmement touristiques. Nous avons choisi de planter pour la première fois notre toute nouvelle tente, la magnifique Hubba Hubba, dans le camping situé sur la rive ouest, à l'opposé de la ville. Au calme ! A 21h30, tout était déjà très silencieux... alors nous non plus, nous n'avons pas fait long feu !