Val del Mis
Aujourd'hui c'est dimanche, et exceptionnellement, c'est grasse mat' ! Il faut dire qu'hier soir nous avons reçu nos voisins d'en-dessous, qui étaient de passage ce week-end... l'occasion de faire un sort au bocal de foie gras ramené de France et qui me faisait de l'oeil depuis avril !
Comme la journée est belle, ce serait impardonnable de ne pas aller malgré tout faire un tour dans les montagnes ! Après quelques recherches sur internet, je déniche un parcours touristique inédit, et situé à proximité de chez nous : le méconnu Val del Mis.
Direction le sud, donc : juste après Rivamonte, nous empruntons pour la première fois la toute petite route du Val del Mis. Quelques kilomètres après le village de Tiser et les dernières habitations, la route traverse des gorges qui font penser à l'Ardèche (mais en deux fois plus haut), et devient encore plus fine quand elle traverse plusieurs tunnels non illuminés où il est impossible de se croiser. Ce tronçon est visiblement fréquemment fermé l'hiver, tout est prévu pour...
Juste avant le lac de Mis, nous nous garons à proximité du torrent homonyme avec bien deux cent autres voitures... visiblement, les larges berges en gravillon servent de plage aux touristes à la recherche de soleil et fraîcheur mélangés. A cent mètres, après un Rifugio qui tient plus du resto-bar que du refuge, part un micro-sentier très aménagé qui rejoint la Casacade de Soffia et ses gorges creusées par l'érosion.

En cette journée estivale, l'ambiance est très balnéaire, et même si l'eau a l'air fraîche, la meilleure façon de profiter du lieu était sans doute celle de ce garçon ! Mais pour nous qui sommes devenus un peu ours, il faut bien l'avouer, voir autant de plagistes dans ce site naturel n'était pas des plus agréables.
Nous avons donc rebroussé chemin, et rejoint l'autre rive du torrent, pour faire à peine quelques autres centaines de mètres, sur un chemin encore plus large et encore plus peuplé de touristes, pour découvrir les Cadinì de Brenton, c'est-à-dire des "marmites" creusées par un enchaînement de cascades dans la friable roche dolomitique - un phénomène qui peut donner des choses magnifiques comme j'ai pu en admirer à Plitvice.
Le site du torrent du Brenton est moins spectaculaire mais néanmoins charmant, enfin, on imagine, parce qu'une fois de plus on a surtout vu des touristes sans aucun respect : une bonne moitié d'entre eux marchaient allègrement sur les roches, histoire de se prendre en photo au plus près de l'eau, et merci pour tous les autres couillons qui respectent le règlement et peuvent admirer leur tronche plutôt que les cascades !

Sans compter Môssieur qu'on voit aller cueillir pour Madâme des fleurs de la fôret... bref, on a fait une intoxication aux plagistes italiens ! Nous avons repris schénic et avons repris la route en sens inverse : après les tunnels, nous avons emprunté à pied une route forestière sur environ 1 km pour rejoindre un lieu-dit qui autrefois était un village : California. Rien que le nom vous donne une idée des espoirs qu'il matérialisait ! Fondé à la fin du XIXe à proximité d'une mine de mercure alors exploitée, le site était en passe de se développer dans les années 50-60, et de devenir un petit lieu de villégiature à la mode : un bar branché, un hôtel fréquenté et desservi par la ligne de bus, ... tout cela a été complètement dévasté par les alluvions de 1966.

Après avoir traversé un pont de bois qui enjambe un torrent dont on se demande comme il a pu être si dévastateur, nous arrivons immédiatement sur le site des quelques maisons encore debout, complètement envahies par les gravats déversés à l'époque par le glissement de terrain et la montée des eaux, et aussi désormais par leurs propres débris, vu que les toîts et les murs ont commencé à s'affaisser. Les prés ont complètement disparus, abandonnés, laissant place à la forêt de toutes parts : difficile de comprendre sur le terrain ce que montrent les photos...